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Produits régionaux à l'honneur
Publié dans Le Bulletin des agriculteurs de mai 2008
Une épicerie a-t-elle une politique d'achat local et quelle est son étendue ? Dorénavant, un indice précis le calcule.
par Lionel Levac, journaliste
Les agriculteurs et les petits transformateurs
qui tentent de percer
le marché avec leurs produits se
butent souvent au mur de la grande distribution.
Tous les arguments ont été entendus
: « Pas de place, produit pas assez
typé, pas de nom commercial accrocheur,
produit mal présenté, trop semblable à
d'autres... »
Jusqu'à tout récemment, il était difficile
d'évaluer auprès des épiciers l'effort déployé
pour offrir des produits locaux. C'était difficile
jusqu'à ce que la Chaire Bombardier de
gestion de la marque de l'Université de Sherbrooke
établisse un « indice » de calcul à cet
effet.
Le titulaire de la Chaire, le professeur François
Coderre, note que cet indice est en forte
demande. « La plupart des tables régionales
de concertation agroalimentaire du Québec
souhaitent que nous fassions les relevés
dans les épiceries et que nous établissions un
classement des magasins selon les initiatives
d'offre de produits locaux. » Au départ, c'est
avec le Conseil de l'industrie bioalimentaire
de l'Estrie que le projet a été élaboré.
Cinq critères servent au classement des
magasins : l'étendue de l'offre ; la qualité de
l'aménagement là où on offre les produits
locaux ; la publicité sur les lieux de vente ; la
publicité de masse, dans les journaux, les
médias électroniques ou les circulaires
; la politique du magasin. La table
de concertation reçoit les scores de
tous les magasins, sans toutefois les
noms des entreprises, sauf pour les
trois ou quatre premiers qui se sont le
mieux classés.
« En Estrie, on en a évalué 36, dit François
Coderre. Malgré la confidentialité de
certaines données, celles-ci sont d'une
très grande utilité pour orienter les travaux
et les priorités de la table. Quant à
la divulgation des noms des meilleurs au
classement, cela sert à une certaine promotion
et aussi à de l'émulation chez les commerçants. D'ailleurs, individuellement,
chaque épicier reçoit son propre classement.
Il peut donc aussi, de son côté, se comparer
aux gagnants et améliorer certains points
qu'il juge décevants. »
Après l'Estrie, Chaudière-Appalaches et
le Saguenay-Lac-Saint-Jean, le professeur
François Coderre et son équipe vont encore,
ces prochains mois, effectuer des relevés et
compilations dans d'autres régions.
Certains s'étonneront peut-être que la
Chaire Bombardier de gestion de la marque
fasse une telle évaluation de l'offre de
produits locaux, dans les régions. « L'engouement
pour la marque n'est pas un phénomène
éphémère, il est le résultat de changements
profonds sur les marchés, explique
le professeur Coderre. Devant l'offre toujours
plus grande, l'entreprise doit ajouter de nouvelles
significations à ses produits. La marque
ne sert plus uniquement à identifier un
produit, mais à lui conférer une valeur additionnelle. »
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