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InfoClip Cultures
Publié dans Le Bulletin des agriculteurs de mai 2008
Chénopode et glyphosate; Régie à surveiller; Mauvaises herbes contre soya
par Johanne van Rossum, agronome
Chénopode et glyphosate
Plusieurs producteurs ont rapporté des irrégularités dans le contrôle
du chénopode blanc (Chenopodium album) avec les applications de
glyphosate (Roundup). Des discussions entre les intervenants en grandes
cultures et Mike Cowbrough du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation
et des Affaires rurales de l'Ontario (OMAFRA) ont permis plusieurs
hypothèses pour expliquer ce phénomène. Le temps sec a pu épaissir
la couche protectrice des plants de mauvaises herbes et les rendre plus
difficiles à détruire.
Le stade avancé des mauvaises herbes peut aussi expliquer certaines
situations. Une étude menée en Ohio indique que le chénopode accumule
plus de calcium dans ses tissus à mesure que le plant se développe.
Le calcium de la plante peut se lier aux molécules de glyphosate, et
diminuer son efficacité. C'est le même phénomène qui explique la
diminution de l'efficacité du produit lorsqu'on utilise une eau à tendance
calcaire. Un chercheur de l'Université de Guelph ajoute que
l'abutilon, plus que le chénopode, est une espèce reconnue pour
accumuler le calcium.
Les experts ont également été surpris par l'effet de l'heure d'application.
Habituellement, l'heure d'application a peu d'effet dans le cas
du glyphosate contrairement aux produits de contact comme Liberty
ou Pardner. Par contre, la situation rencontrée dans les parcelles démontrait
une baisse dans l'efficacité avec les applications de glyphosate en soirée,
après 18 h. Le chercheur évalue cette baisse d'efficacité à environ 10 % tandis
qu'avec des produits comme Liberty, la baisse peut aller jusqu'à 50 %.
Pour améliorer le contrôle des mauvaises herbes, le chercheur donne ces
conseils : appliquer au bon stade de la mauvaise herbe ; utiliser une eau
propre lors de la pulvérisation en vérifiant son contenu en fer, magnésium
et calcium ; vérifier la compatibilité avec des engrais liquides et autres herbicides
utilisés pour les mélanges en réservoirs ; utiliser les bonnes buses
pour appliquer un volume d'eau de 100 l/ha au lieu de 200 l/ha.
Régie à surveiller
Un magazine américain
dresse une liste des sept
points de régie à surveiller
en 2008, dans un contexte
de prix élevés des récoltes,
mais aussi de prix élevés
des intrants :
- Travail réduit ou semis direct;
- Azote : dose et application;
- Traits génétiques de la semence;
- Système de guidage par satellite;
- Irrigation;
- Diagnostic au champ avec photos aériennes;
- Pulvérisation de précision.
Pour ce mois-ci, il faut
s'attarder au sujet de l'application
d'azote : ajustez
les doses d'azote selon le
potentiel de rendement,
utilisez une formulation
économique et efficace,
et appliquez au bon
moment. Pour la pulvérisation,
ajustez tous les
instruments réglant le
volume d'application et la
dose de produit.
Mauvaises herbes contre soya
Dr Clarence Swanton, un malherbologiste de l'université de Guelph, amasse
chaque année des données confirmant sa théorie : les jeunes plantules détectent
la présence des mauvaises herbes et cette situation déclenche plusieurs
changements physiologiques dans leur développement. Il semble que ces
changements n'affectent pas seulement le maïs, mais aussi le soya.
Les données recueillies en 2007 démontrent que le soya a été affecté par
la présence des mauvaises herbes tôt en saison. Dr Swanton a noté des
changements à la biomasse des racines et au poids des tiges. Les plantes
sacrifient les racines pour augmenter la croissance des tiges. Les plantes
sont par la suite moins résistantes lors d'une période de sécheresse.
Le chercheur a aussi noté un retard dans le développement des feuilles et
de la floraison. Malgré le fait qu'il n'a compilé qu'une année de données sur
le soya, il croit que l'impact sur la maturité est aussi important et peut-être
même plus que sur le maïs.
Même si l'effet sur la croissance est très clair, le chercheur n'a pas pu
établir une relation directe sur le rendement en fin de saison. Les modifications
de la culture affectent sa résistance au stress de la saison. Mais les
données recueillies à ce jour ne permettent pas de calculer une perte de
rendement du soya.
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