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Génétique Holstein : La remontée ne fait que commencer
Publié dans Le Bulletin des agriculteurs de mai 2008
Le visage de nos exportations de génétique Holstein ne sera plus jamais le même. Et c'est tant mieux.
par André Dumont, journaliste
En 2003, une bombe au nom de code ESB tombe
sur le marché de la génétique Holstein canadienne.
Entre 2002 et 2004, les exportations
chutent de 168,4 millions $ à 46 millions $.
Aujourd'hui, alors que les dernières conséquences de
la crise de la vache folle semblent s'atténuer, éleveurs et
exportateurs se retrouvent face à un portrait qui a complètement
changé. En cinq ans, les ventes de semences
ont doublé, celles d'embryons ont triplé. Quant aux
sujets sur pattes, après être tombées à zéro, les exportations
ont enfin redémarré.
La frontière américaine ne s'est rouverte aux bovins
laitiers qu'en novembre dernier. Grâce à la semence et
aux embryons, les exportations mondiales de 2007 se
sont établies à 102,6 millions $. Si nos sujets de remplacement
continuent d'émigrer aux États-Unis à raison
de plus de 1500 têtes par semaine, nos exportations de
génétique pourraient rapidement atteindre les niveaux
de 2002.
Les Américains sont demeurés friands de génétique
Holstein canadienne. Les très grandes fermes américaines
cherchent à améliorer la génétique de leur troupeau,
soutient Simon Lalande. « La bonne génétique est très
recherchée », confiait en mars dernier le copropriétaire
de la Ferme Blondin, à Saint-Placide, au lendemain
d'une vente à un producteur du Wisconsin qui trait 8000
vaches.
Il reste encore beaucoup de travail à faire pour que
l'exportation de sujets retrouve l'ampleur qu'elle avait en
2002, alors qu'elle s'établissait à 133,6 millions $. À cette
époque, les États-Unis et le Mexique absorbaient environ
80 % des exportations de génétique Holstein.
« Notre défi consiste aujourd'hui à ne pas tomber dans
le piège de seulement travailler avec les États-Unis et le
Mexique. Nous devons obtenir de bons volumes avec
d'autres pays », affirme le directeur général de Holstein
Québec, James Peel.
Après presque cinq années de disette, remettre en
place la filière d'exportation de taures et de génisses ne
se fait pas en criant ciseau. De plus, nos voisins du Sud
continuent à nous mettre des bâtons dans les roues,
notamment à la frontière avec le Mexique.
Heureusement, la
génétique Holstein
profite d'une demande
mondiale à la hausse
pour les produits laitiers.
Dans plusieurs
pays, les producteurs
n'ont jamais obtenu
d'aussi bons prix pour
leur lait. « Quand il leur
reste un peu de liquidité
à la fin de l'année, les
producteurs se mettent
à rêver. Ils changent de
voiture, se paient des
vacances et achètent
des embryons », dit Raymond
Caron de la Ferme
Karona à Plessisville.
Aux prises avec des
problèmes sanitaires, les
Européens cherchent à renouveler leur génétique en se
tournant entre autres vers le Canada. Pour ces mêmes
raisons, certaines de nos vaches se font payer une croisière
jusqu'en Europe de l'Est ou en Afrique du Nord.
La force du dollar canadien vient-elle changer
la donne? Pas pour Raymond Caron qui vend ses
embryons en Euros aux Européens. Chez Holstein Québec,
on y voit une opportunité de fonder nos exportations
sur la qualité plutôt que le prix. « C'est la qualité
de notre élevage qui va faire la différence. Nous avons
une excellente renommée », dit James Peel. En 2002,
cette renommée accordait au Canada 22 % du marché
mondial de la génétique laitière, avec seulement 0,45 %
du cheptel mondial!
Avec environ 45 % de l'élevage Holstein concentré au
Québec, les éleveurs d'ici ont un grand rôle à jouer dans
le développement des marchés d'exportation, soutient
James Peel.
Le prochain grand défi, selon lui, sera de convaincre
les pays exportateurs de payer un prix qui reflètera la
très grande qualité de notre génétique.
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