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Les robots de traite prennent le champ !
Publié dans Le Bulletin des agriculteurs de mai 2008
Plus besoin de ramener les vaches à l'étable. La traite se fait toute seule, en plein pâturage.
par André Dumont (andre.dumont@lebulletin.rogers.com)
Dans les pays où les hivers le permettent,
la production laitière à
moyenne et grande échelle se fera
un jour sans bâtiment! Au moins trois robots
de traite mobiles sont à l'essai en Europe.
Le plus avancé - et le seul à être disponible
sur le marché - est la version mobile du robot
de traite RDS Futureline de la Danoise S.A.
Christensen. Il s'agit tout simplement d'un
conteneur sur roues, qui abrite un robot à un
bras pour deux stalles, un réservoir de 4 000
litres et un petit bureau. Le conteneur suit le
troupeau l'été, tiré par un tracteur. L'hiver,
on l'installe au bout de l'étable à stabulation
libre.
L'idée est venue du producteur laitier
biologique Niels Skou. « Le consommateur
d'aujourd'hui veut un produit de qualité qui
respecte le bien-être de l'animal. Pour répondre
à ces attentes, je veux que mes animaux
paissent le plus possible », dit-il.
Tous les producteurs biologiques européens
doivent laisser leurs vaches au pâturage au
moins six heures par jour pendant 150 jours de l'année, explique Niels Dybdahl, coordonnateur
du projet chez S.A. Christensen.
Développé avec l'appui des chercheurs
de l'Université d'Aarhus, le robot de traite
mobile RDS Futureline a remporté un prix
d'innovation à l'exposition danoise Agromek
en janvier dernier.
Le robot coûte environ 266 000 $ CAD au
Danemark. Il est disponible là où les équipements
de traite S.A. Christensen sont vendus,
c'est-à-dire à peu près partout dans le
monde, sauf au Canada et aux États-Unis!
Aux Pays-Bas, les chercheurs de l'Université
de Wageningen ont conçu le robot
de traite mobile Natureluur, qui se déplace
au champ sur des chenilles. Le réservoir de 3 500 litres et les installations de refroidissement
sont à l'intérieur d'un conteneur,
tandis qu'un robot de traite DeLaval VMS est
suspendu à l'arrière.
Dans une version à venir, les chenilles du
Natureluur pourront rentrer à la ferme chargées
seulement d'un réservoir de lait, laissant
ainsi la traite se poursuivre au champ. Le
robot actuel peut rester au champ pendant deux jours, mais il faut venir y changer l'eau
de lavage tous les jours.
Le Natureluur coûterait environ 300 000 $
CAD. « Cela peut sembler cher, admet l'inventeur
Frank Lenssinck. Mais ce n'est pas
plus cher qu'une étable pour 70 vaches. Si on
se sert du robot toute l'année, on n'a même
pas besoin d'un bâtiment. »
M. Lenssinck espère conduire le Natureluur
au champ ce printemps et à partir de 2009,
s'en servir avec des troupeaux laitiers qui paissent
dans des réserves naturelles. La commercialisation
suivrait deux ans plus tard.
Le concept de robot de traite mobile le
plus audacieux appartient à Lely. Selon un
brevet déposé en 2006, l'entreprise hollandaise
aurait mis au point une station mobile
de laquelle s'échappent huit dispositifs sur
roues pivotantes, qui vont s'installer sous les
vaches à traire.
Relié à la station par une canalisation
à lait souple, le dispositif de traite repère
le pis et le nettoie avec l'eau de sa propre
réserve. Pour assurer la stabilité pendant la
traite, deux bras articulés viennent enserrer
le dos et le ventre de la vache. Pour l'instant,
Lely ne commercialise aucun robot de traite
mobile.
Encadré : Un VMS plus robuste
Plus près de chez nous, DeLaval a entrepris
la mise en marché d'un VMS de nouvelle génération,
à la fois plus robuste, flexible et performant.
Le robot de traite DeLaval se présente sous
un tout nouveau design. Ses composantes
sont regroupées en modules qui s'intègrent directement
dans la structure. Le robot est plus
solide et consomme 24 % moins d'énergie.
L'installation, l'entretien, la réparation et le suivi
quotidien du producteur s'en trouvent facilités.
La configuration des cylindres hydrauliques
du bras robotisé a été améliorée pour
élargir son champ d'action, offrir plus d'espace
aux vaches et traire aisément celles aux
pis difficiles.
La préhension des pis (même à 45 degrés)
a toujours été une force chez les robots DeLaval,
affirme le directeur régional Yvan Marcoux.
« Le taux de réforme est inférieur à 3 % et la plupart du temps, les producteurs nous disent
qu'il s'agit de vaches qui étaient déjà difficiles
à traire, avant l'arrivée du robot. »
DeLaval innove aussi en lançant le premier
compteur de cellules somatiques (CCS) en
temps réel à s'intégrer à la construction d'un
robot de traite. Il est offert en option et peut
s'ajouter à la plupart des VMS déjà en activité.
Le CCS intercepte plusieurs échantillons au
cours d'une même traite, pour les combiner à
une solution réactive dont la couleur révélera
la teneur en cellules somatiques.
Le producteur choisit la fréquence des
comptages, qu'il peut augmenter dans le cas
de vaches plus vulnérables. Les résultats s'affichent
immédiatement, par vache ou pour l'ensemble
du troupeau.
Encadré : Un meilleur suivi santé
Le fabricant hollandais Lely vient
d'introduire au Canada deux instruments
de suivi de la santé des
vaches qui s'arriment à son robot
Astronaut A3 et au logiciel de régie
T4C.
Le compteur de cellules somatiques
MQC-C fonctionne sur le
principe du California Mastitis Test.
Branché directement sur le robot
de traite, il permet de mesurer les
taux de cellules somatiques pour
chacun des quartiers du pis de la
vache, à chaque traite ou à l'intervalle
voulu par le producteur.
Développé de concert avec l'entreprise de
Nouvelle-Zélande Sensortec, le MQC-C prélève
les échantillons de lait et les combine avec
une solution réactive. La viscosité du mélange
permet de mesurer les taux de cellules somatiques. Les résultats sont transmis à l'ordinateur,
qui les analyse. Le producteur détient
aussitôt de précieuses informations sur la
santé du pis de chacune de ses vaches, ce
qui facilite la décision d'intervenir s'il y a lieu.
Description des photos
Les photos sont publiées dans le magazine imprimé
1. Le robot de traite VMS
peut traire de 15 % à
20 % plus de vaches que
ses prédécesseurs et
réaliser facilement jusqu'à
180 traites par jour.
2. Les chercheurs de
l'Université de Wageningen
ont conçu le
robot de traite mobile
Natureluur, qui se
déplace au champ sur
des chenilles.
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