|
InfoClip Élevages
Publié dans Le Bulletin des agriculteurs de mai 2008
Les implants, ça rapporte; Jamais trop de phosphore; Réduisez la corvée; Non au pâturage en rotation; Avantageux, le sevrage tardif ?
par Alain Fournier, agronome, M.Sc., et Marie-Josée Parent, agronome
Les implants, ça rapporte
Obtenant un très faible prix pour leurs veaux d’embouche, plusieurs
éleveurs vaches-veaux analysent la possibilité de finir et commercialiser
eux-mêmes leurs propres veaux. Certains ciblent des marchés
de niche en abandonnant l’usage des implants et ionophores
(antibiotiques).
Le docteur Berthiaume, directeur du Centre de recherche en production
laitière biologique de l’Université de Guelph à Alfred, est arrivé à
la conclusion que l’abandon de ces substances entraînait un manque
à gagner important pour l’éleveur.
Le chercheur a utilisé
40 veaux croisés de type
Angus, alimentés avec un
ensilage de graminées d’excellente
qualité. Les veaux
ayant consommé la ration
contenant 70 % d’orge
avec un ionophore et reçu
un implant de finition ont
obtenu un gain journalier de
27 % de plus que ceux recevant
la même ration sans
promoteurs de croissance
(voir la figure). Les veaux
dont la ration contenait 40 %
d’orge ont consommé 5 %
de matière sèche de plus et
ont eu un gain journalier 5 %
inférieur au groupe sans promoteurs
de croissance avec
70 % d’orge dans la ration.
Le poids final des veaux implantés était de 10 % supérieur à celui des
veaux non implantés nourris avec la ration contenant 70 % d’orge pour
le même degré de finition. Source : J.Anim.Sci.
Jamais trop de phosphore
Un des grands problèmes de la
fertilisation à base de fumier est
le débalancement entre la quantité
de phosphore offerte par les
fumiers et les autres composantes,
comme l’azote. Or, des scientifiques
ont décidé de tout simplement
chercher une façon de retirer
l’excédent de phosphore du fumier
en question. Et ils ont réussi !
Les chercheurs Ariel Szogi, Matias
Vanotti et Patrich Hunt, de l’Agricultural
Research Service (ARS) du
Département d’agriculture des États-
Unis (USDA), ont développé une
méthode qui permet de soustraire
rapidement le phosphore de la litière
usagée d’élevages de poulets. Ce
« Quick Wash », ou « Lavage rapide »,
transfère ensuite le phosphore sous
forme solide. ARS a demandé un
brevet pour l’invention.
Source : ARS
Réduisez la corvée
Pénible le lavage des porcheries, n’est-ce pas ? Selon Isabelle
Corrégé de l’Ifip – Institut du porc, en France, deux
heures de trempage associées à un mouillant permettent
d’optimiser le nettoyage et la désinfection des salles en
élevage porcin. Mme Corrégé a fait cette affirmation lors
des récentes Journées de la recherche porcine, à Paris. « Le
temps de trempage, bien qu’il accroisse la consommation
d’eau, entraîne une réduction du temps de travail, de la
pénibilité et des coûts », explique-t-elle.
Le temps de trempage peut être diminué grâce à l’ajout
d’un agent mouillant. L’eau pénètre ainsi plus facilement au
sein des souillures qui sont ramollies plus rapidement, et celles-
ci restent humides plus longtemps. L’agent mouillant offre
un avantage supplémentaire : la réduction d’eau nécessaire.
Source : Web-Agri
Non au pâturage en rotation
Voici une étude qui risque de faire grincer des dents
les défenseurs du pâturage en rotation. « Malgré une
évidence expérimentale largement reconnue en sa
défaveur, le pâturage en rotation continue d’être
promu et implanté comme la seule source de stratégie
de paissance sur les pâturages », peut-on lire
dans un communiqué d’Allen Press. L’équipe de
recherche a répertorié les travaux de recherche sur
le sujet des 50 dernières années. La plus vieille date
de 1961.
« Ces résultats corroborent la tendance à long terme
selon laquelle le taux de chargement animal et la variation
au niveau de la météo comptent pour la majorité
de la variabilité associée à la plante et la production
animale dans les pâturages », peut-on lire également.
Deux faits peuvent expliquer ceci : 1 - l’avantage présumé
du pâturage en rotation a été surestimé ; et 2 - les
mêmes limitations écologiques surviennent dans tous
les types de pâturages.
« Cette synthèse démontre que le plaidoyer continuel
pour le pâturage en rotation comme un système
supérieur de paissance est basé sur la perception et des
interprétations anecdotiques, plutôt que sur une prédominance
d’évidences expérimentales », affirment les
auteurs de l’étude.
Source : Allen Press
Avantageux, le sevrage tardif ?
La séparation du veau de sa mère
une journée après sa naissance,
après la prise d’une quantité suffisante
de colostrum, est une pratique
courante et recommandée en
élevage laitier pour des raisons de
biosécurité. Cependant, le sevrage
tardif est pratiqué par un nombre
grandissant d’éleveurs biologiques
pour des raisons de bien-être pour
le veau et la vache.
Les docteurs Anne-Marie de
Passillé, Hélène Lapierre et Jeffrey Rushen d’Agriculture et agroalimentaire
Canada, et Pierre-Guy Marnet, de l’Institut
de recherche agricole en France,
se sont penchés sur cette question.
Une vingtaine de vaches Holstein
multipares (plus d’un vêlage) ont été
séparées en deux groupes de dix vaches.
Les veaux du premier groupe de vaches
étaient sevrés moins de 24 heures après
le vêlage. Les veaux du second groupe
de vaches étaient sevrés à l’âge de neuf
semaines. Les vaches de ce groupe
étaient traites deux fois par jour et les
veaux étaient allaités deux heures après
la traite.
L’allaitement des veaux n’a pas eu
d’effet significatif sur la production
totale des vaches allaitantes comparativement
aux vaches témoins (voir le graphique).
Après le sevrage des veaux, la
production de lait des vaches allaitantes
est revenue au même niveau que la production
de celles du groupe témoin.
Les veaux allaités ont obtenu un taux
de gain supérieur aux veaux témoins
durant la période d’allaitement. Par
contre, après le sevrage, les veaux
allaités ont réalisé un gain journalier
inférieur aux veaux témoins.
Retour à la page précédente
Haut de la page Imprimer Envoyer à un ami
|