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Publié dans Le Bulletin des agriculteurs de juillet/août 2008

Oui aux bovins au pâturage; Saviez-vous que...; 900 $CAD; Plus de salive, moins d'acidose; La face cachée de la chaleur
par Alain Fournier, agronome, M.Sc. et Marie-Josée Parent, agronome

Oui aux bovins au pâturage
Il n'y a pas qu'au Québec qu'on s'intéresse à la finition des bovins au pâturage (Le Bulletin des agriculteurs, mai 2008, p. 29). La France s'y met aussi. La raison ? Pallier le cours élevé des céréales et le bas prix de vente des broutards. Une étude économique a eu cours à l'été 2007 dans l'ouest de la France. Onze exploitations ont engraissé des bovins pendant huit mois au pâturage, d'avril à novembre, ce qui regroupait 45 vaches, 22 génisses, 15 taurillons et deux boeufs en pâturage tournant.

Les résultats sont jugés satisfaisants, avec une marge brute de 629 $ par animal en moyenne, soit 499 $ pour les taurillons de moins de 30 mois, 336 $ pour les génisses, 757 $ pour les animaux de plus de 30 mois avec complémentation, et 639 $ pour les animaux de plus de 30 mois sans complémentation.

Il manquait cependant un élément de comparaison du système au pâturage avec celui à auge. Ce qui sera comblé cet été. De plus, on ajoutera un volet territorial pour évaluer l'avenir de l'activité engraissement et l'impact sur le territoire en matière d'emploi et d'environnement. Le nombre d'animaux est légèrement augmenté avec plus d'une centaine de bêtes réparties sur une quinzaine d'exploitations.
Source : www.web-agri.fr

Saviez-vous que...

  • Les probiotiques sont des microorganismes vivants qui, lorsque consommés en quantité suffisante, confèrent des effets physiologiques bénéfiques chez l'hôte ?
  • En Europe, l'utilisation des probiotiques chez le porc représentera 20 à 40 % du marché des additifs alimentaires en 2011 ?
  • Les mécanismes d'actions des probiotiques sont peu connus, mais on leur reconnaît de nombreux avantages, dont une influence positive sur la flore intestinale, la prévention d'infections dans le tractus intestinal, la diminution de la diarrhée, l'amélioration du système immunitaire, l'augmentation de la valeur nutritionnelle, l'augmentation de la croissance et l'amélioration de la santé et du bien-être ?
  • Plusieurs chercheurs de divers centres de recherches québécois travaillent sur les probiotiques, notamment Martin Lessard du Centre de recherche et de développement sur le bovin laitier et le porc d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Lennoxville, Louis-Alexandre Jalbert de l'Université de Montréal et Xin Zhao de l'Université McGill ?
  • L'entreprise québécoise Lallemand se spécialise dans le développement et la mise en marché d'agents d'ensilage, de levures et de probiotiques ?

Source : CQVB - BioVeille : Probiotiques pour animaux monogastriques

900 $CAD
C'est le prix d'un kilogramme du boeuf le plus cher au monde. Quel est-il ? Le boeuf Kobe. Cette viande est une spécialité japonaise produite par des bovins de race Wagyu. On reconnaît cette viande à un très fort persillage. Mais ne rêvez pas d'en produire sur votre ferme. Cette race est interdite à l'exportation.
www.lateleagricole.net

Plus de salive, moins d'acidose
Alimenter la vache à l'aide de fourrages qui sont consommés plus lentement et accroître la fréquence des repas induit la production d'une plus grande quantité de salive, tout en aidant à prévenir l'acidose du rumen. C'est la conclusion à laquelle sont arrivés le docteur Karen Beauchemin et ses collaborateurs du Centre de recherche de Lethbridge d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Aux fins de l'expérience, on a utilisé quatre rations différentes. Les fourrages évalués étaient un ensilage de luzerne, un ensilage d'orge, un foin de luzerne et de la paille d'orge hachée. Les fourrages étaient combinés avec des concentrés permettant d'obtenir une ration équivalente en énergie et protéine. Les fourrages n'étaient pas alimentés en même temps que les concentrés afin d'évaluer la vitesse de consommation et la production de salive des concentrés et des fourrages séparément.

Le taux de salivation pour chacune des rations a été d'environ 213 grammes de salive par minute et n'a pas été influencé par le type de fourrage utilisé. Puisque les fourrages étaient consommés beaucoup plus lentement que les concentrés, ils ont produit trois à sept fois plus de salive par kilo de matière sèche ingéré que les concentrés. La paille d'orge s'est particulièrement démarquée en raison de son contenu élevé en fibres. Le foin de luzerne, servi long, est le traitement qui a produit le plus de litres de salive par kilo de fibres.
Source : Journal of Dairy Science

La face cachée de la chaleur
Les vaches vivant au sud s'adaptent plus facilement à la chaleur que les vaches du nord. Dans les contrées du sud, la température augmente graduellement, plafonne pendant plusieurs mois et redescend progressivement. Au nord, les pics fréquents de chaleur en été, accompagnés d'un très haut taux d'humidité, sont sournois et dommageables pour les vaches. Celles-ci ont trop peu de temps pour s'y adapter. Ces perturbations occasionnent des pertes de production, une hausse des problèmes de santé et une baisse de la fertilité.

Le premier effet du stress à la chaleur se produit dans le rumen. Pour dissiper cette chaleur, la vache augmente la fréquence de sa respiration. Elle élimine ainsi du gaz carbonique (CO2), ce qui réduit l'acide carbonique du sang et en augmente le pH. Pour réduire ce pH, les reins éliminent des substances tampons, qui ne pourront pas être utilisées dans la salive. De plus, les vaches qui halètent perdent de la salive en bavant. Enfin, elles mangent moins, ruminent moins et produisent moins de salive. L'interaction de tous ces facteurs rend l'animal plus sensible à l'acidose du rumen.

Afin de vérifier ce qui se passe lorsque les vaches subissent un tel stress, une équipe de l'Université d'Arizona a placé un groupe de vaches sous des conditions de stress modéré à la chaleur durant neuf jours. Pendant la même période, un autre groupe de vaches, non affectées par la chaleur, était alimenté avec la même quantité de rations que les vaches sous stress.

Les vaches sous stress ont réduit leur consommation de 5 kg de matière sèche et leur production de 14 kg de lait. Dans l'autre groupe, la production de lait a baissé de seulement 6 kg. La baisse de consommation explique entre 40 à 50 % de la diminution de production de cette expérience. Une autre explication réside dans la hausse de l'énergie utilisée par la vache pour dissiper cette chaleur, réduisant ainsi l'énergie disponible pour faire du lait.

Aussi, les vaches qui ne subissaient aucun stress sont allées chercher dans leur réserve de graisse l'énergie nécessaire pour compenser leur sousalimentation, leur permettant de réduire la baisse de production. À l'opposé, les vaches sous stress ne cherchaient pas à combler ce manque d'énergie en le soutirant de leur réserve de graisse. Elles utilisaient plutôt le sucre comme source d'énergie, occasionnant un manque de sucre pour la fabrication du lactose du lait et une baisse de la production. La vache sous stress à la chaleur utiliserait donc ce mécanisme pour réduire sa production de chaleur, puisque la transformation du sucre en énergie dégage moins de chaleur que celle des graisses.
Source : Feedstuffs

Description des photos
Les photos sont publiées dans le magazine imprimé
1. Quantité de salive produite selon le type de fourrage

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