Le Bulletin des agriculteur - Portail de l'agriculture au Québec Le Bulletin des agriculteur - Portail de l'agriculture au Québec
Le
  Vous êtes ici : Le Bulletin > Sommaire > Juillet/août 2008 > Article
Accueil Contactez-nous Aide     
    

Dans Le Bulletin ce mois-ci
  Pour vous abonner

Informations
  Marchés
  Actualités
  Nouveaux produits
  Forums
  Météo
  Agenda
  Sondage

Spécialités
  Grandes cultures
  Horticulture
  Informatique
  Machinerie

Outils
  Conversion métrique
  Identification des
  mauvaises herbes
  Sélection d'herbicides

Commerce
  Machinerie usagée
  Petites annonces

Service
  Carnet d'adresse
  Bottin de l'agriculture
  Page web de
  nos usagers
  À la télé


Divertissements
  Recettes
  Rencontre
  Cartes postales


Magazine
  Pour vous abonner
  Changement d'adresse
  Service aux abonnés


Magazine
  Sommaire
  Abonnement
  Contactez-nous


  Copyright © 1996-2007
  Rogers Media

  Conception et réalisation :
  CyberCréation
  Hit-Parade

Transfert : pas d’impro
Publié dans Le Bulletin des agriculteurs de juillet/août 2008

Au moins cinq ans, beaucoup de patience et de communication sont les clés pour bien réussir un transfert.
par Sylvie Lévesque*, agronome, conseillère senior à la Banque Nationale du Canada

Il y a 40 ans, choisir un successeur pour assurer la pérennité de la ferme familiale était relativement facile. D’abord, ça prenait un gars qui n’aimait pas spécialement l’école. Puis, ce gars devait être un vaillant qui aimait travailler à la sueur de son front. Enfin, l’aîné était favorisé malgré lui. Se fier à ces critères dans la réalité agricole d’aujourd’hui serait absurde.

Le Québec a un caractère plutôt unique si on se compare aux États-Unis ou aux autres provinces canadiennes. Chez les Américains par exemple, le transfert de ferme se fait de façon habituelle lorsqu’il y a décès ou incapacité des parents.

Au Québec, beaucoup de producteurs rêvent d’une retraite à 55 ans. Cette volonté de transférer le flambeau lorsque nos bras peuvent encore le porter ajoute au défi. Laisser les guides lorsqu’on sait ce qu’il y à faire et accepter que ce soit fait autrement, ce n’est pas facile pour l’ancien capitaine.

Il y a une dure réalité chez les entreprises commerciales familiales : très peu franchiront le cap des trois générations. Leur déchéance sera souvent due à une mauvaise gestion ou à des héritiers qui n’auront pas su évaluer les conséquences de leurs actions. Avant de faire un transfert, les gens du commercial vont évaluer de façon sérieuse le potentiel de compétences des futurs héritiers à diriger l’entreprise. Dans certains cas, on ira même jusqu’à confier la direction de l’entreprise à quelqu’un d’externe à la famille.

Sommes-nous rendus là en agriculture ? À mon avis, certaines entreprises devront le faire afin d’assurer leur pérennité. Une évaluation du leadership et des qualités de gestion de la relève demeurent des conditions d’admissibilité.

C’est un bien mauvais service à rendre à son enfant que de lui confier un poste de capitaine lorsqu’il a les attributs et la propension à être un matelot. Une évaluation externe est fortement conseillée. Ne vous fiez surtout pas à votre évaluation personnelle, car plusieurs facteurs contribueront à brouiller les données, par exemple :

1. Votre trop grande volonté à transférer la ferme vous empêche de voir les problèmes potentiels. Êtes-vous de ces parents qui veulent plus que leurs enfants ?

2. Votre forte relation d’autorité envers vos enfants vous empêche de voir en eux le germe d’un leader d’entreprise. Les avezvous gardés trop longtemps à l’écart des décisions ?

3. Votre incapacité à vous adapter aux changements ou à envisager le futur avec optimisme vous empêche-t-elle de voir un de vos descendants entreprendre la même profession que vous ?

4. L’incompatibilité de caractère vous empêche- t-elle d’y voir clair ? Deux leaders, c’est souvent inaccordable, lorsqu’ils sont confrontés quotidiennement. Quel doit être le profil du futur successeur de la ferme ? Celui-ci doit être un fin gestionnaire, savoir gérer des millions et avoir le « pif » pour les bonnes affaires. Or, ces qualités n’ont plus de sexe...

Un transfert de ferme réussi, c’est presque aussi merveilleux que la naissance d’un nouveau- né. De la même façon, le transfert n’est que la première étape d’une longue aventure. Pour que l’épanouissement de l’entreprise, sa survie et son autonomie soient assurés, on aura pris soin de planifier le projet en le confiant à des gens qualifiés. Les CRÉA (Centre régional d’établissement en agriculture) et les institutions financières ont le personnel compétent pour encadrer de tels cheminements.

Au moins cinq ans, beaucoup de patience et de communication sont les clés pour bien réussir un transfert. Avant de faire votre semis ce printemps, vous avez pris soin de consulter des spécialistes, de niveler, de chauler, de fertiliser vos terres. Vous avez choisi votre semence avec le plus grand soin. Le transfert a beaucoup de similitudes avec le semis, on ne peut espérer une belle récolte si l’on improvise et précipite les étapes.

Retour à la page précédente

 Haut de la page     Imprimer     Envoyer à un ami


Numéro courant



Accueil  À propos  Contactez-nous

Question ou commentaire :
info@lebulletin.rogers.com ou utilisez notre page commentaire.

Difficulté technique avec le site :
luc.gagnon@lebulletin.rogers.com

Rogers Media
Copyright © 1996-2005