Estimations de la superficie des principales grandes cultures

Ottawa (Ontario), 28 juin 2002 – Le temps sec, venteux et froid a retardé l’ensemencement dans la majeure partie de l’Ouest canadien. Étant donné le faible taux d’humidité dans le sol et les bas prix des céréales et des oléagineux, les agriculteurs ont eu du mal à décider quelles cultures semer. Dans l’Est du Canada, les températures froides et l’humidité excessive ont retardé les activités d’ensemencement. Les producteurs de l’Ouest ont choisi d’augmenter l’ensemencement en avoine, en orge et en canola, mais ils ont réduit l’ensemencement des lentilles, des pois chiches et du blé dur roux de printemps. Dans l’Est, les agriculteurs ont conservé la même superficie de maïs, mais ont réduit l’ensemencement en soya et l’ont remplacé par du blé et d’autres cultures.



























































































Ensemencement des principales céréales et graines oléagineuses
Culture 2001 2002 2001 à 2002
  millions d’acres var. en %
Total du blé 27,0 26,3 -3
Blé de printemps 20,6 19,1 -7
Orge 11,6 12,3 6
Jachère 11,6 10,3 -11
Canola 9,5 10,0 5
Blé dur 5,4 6,2 15
Avoine 4,7 5,9 26
Pois de grande culture 3,3 3,2 -3
Maïs-grain 3,2 3,2 0
Soya 2,7 2,5 -7
Lentilles 1,8 1,5 -17
Lin 1,7 1,7 0
Pois chiches 1,2 0,5 -58

Dans l’Ouest canadien, de nombreux producteurs attendaient qu’il y ait des précipitations avant de décider, à la dernière minute, quelles cultures ils sèmeraient. De plus, les bas prix des céréales et des oléagineux et l’influence pessimiste du U.S. farm bill ont contribué à la difficulté de la prise d’une décision quant aux cultures à semer. Des pluies fortes, parfois excessives, sont tombées en juin dans la majeure partie du sud des Prairies, mais, pour bon nombre, il était beaucoup trop tard. Les régions du centre et du nord des Prairies n’ont pas reçu ces pluies. Bien que ces pluies aient amélioré les conditions, il en faudra plus pendant la saison pour compenser les pauvres réserves d’humidité dans le sol.

Dans l’Ouest, les producteurs persévérants ont montré qu’ils peuvent s’adapter et réaliser leur meilleur bénéfice en apportant des changements radicaux à leurs habitudes de culture. Les producteurs du Manitoba ont notamment effectué des changements importants en ce qui a trait aux types de cultures semées et à leur superficie.

Au printemps, le Manitoba a atteint de nouveaux sommets quant à la superficie d’ensemencement en graines de l’alpiste des Canaries, en haricots secs colorés, en haricots blancs secs et en soya. La superficie de maïs-grain a augmenté de 41 %, alors que la superficie des graines de tournesol a crû de 35 %. Au Manitoba, l’espace réservé à la jachère a diminué de 54 % en 2002. Les producteurs des autres provinces ont également montré leurs capacités d’augmenter ou de réduire de beaucoup la superficie de leurs cultures par rapport à l’année précédente.

La superficie du blé dur roux de printemps a fléchi, alors que la superficie d’autres blés s’est accrue dans l’Ouest
Les agriculteurs ont ensemencé environ 15,6 millions d’acres en blé dur roux de printemps de l’Ouest canadien, soit 16 % de moins qu’en 2001. Cette superficie est tout juste au-dessus du creux de 15,4 millions d’acres enregistré en 1998. Toutefois, la superficie d’autres catégories de blé a affiché une importante progression.

La superficie de blé de printemps des prairies de l’Ouest a doublé, passant de 1,3 million d’acres en 2001 à 2,7 millions d’acres, surpassant le sommet de 2,3 millions d’acres observé en 1997. Le blé de printemps des prairies est un blé de qualité moindre utilisé le plus fréquemment dans le secteur de l’alimentation animale. La superficie de blé dur a augmenté de 15 % pour se fixer à 6,2 millions d’acres.

Au total, la superficie de blé au Canada, y compris le blé dur, a diminué de 3 %, ayant totalisé 26,3 millions d’acres.

Note aux lecteurs

L’enquête sur les ensemencements de juin, qui est menée auprès de 29 100 exploitations agricoles, a été réalisée par interview téléphonique pendant la dernière semaine de mai et la première semaine de juin. On a demandé aux agriculteurs d’indiquer leurs superficies ensemencées en céréales, en graines oléagineuses et en cultures spécialisées.

Statistique Canada fait également le suivi hebdomadaire de l’état des cultures et des pâturages dans les Prairies en utilisant un indice de végétation obtenu au moyen de données numériques transmises par satellite. Pour en savoir davantage au sujet du Programme d’évaluation de l’état des cultures, communiquez avec Gordon Reichert au (613) 951-3872.

Ce rapport fournit les estimations de superficie pour toutes les grandes cultures basées sur les données du Recensement de 2001, publiées le 15 mai 2002.

La superficie d’orge est en hausse grâce à la forte demande de la part du secteur du bétail

La superficie d’orge a connu une hausse de 6 % pour atteindre 12,3 millions d’acres. Les agriculteurs de l’Alberta ont semé 8 % plus d’orge, et ceux de la Saskatchewan, 7 %, en raison de la forte demande intérieure de la part du secteur du bétail.

Toutefois, la superficie d’orge au Manitoba a diminué de 6 %. Depuis dix ans, la moyenne de la superficie d’orge au Canada est de 11,5 millions d’acres.

La plus importante superficie d’avoine en un quart de siècle

La superficie d’avoine a crû dans l’Ouest et dans l’Est du Canada. Elle a connu une hausse de 26 % pour se fixer à 5,9 millions d’acres, ce qui représente la plus importante superficie enregistrée depuis 1976.

Dans l’Ouest, la superficie d’avoine a été estimée à 5,5 millions d’acres, soit 27 % de plus qu’en 2001. Elle est bien au-dessus de la moyenne de 4,2 millions d’acres des dix dernières années. Dans l’Est, l’ensemencement en avoine a augmenté de 14 % pour se chiffrer à 425 800 acres. Les conditions de sécheresse de 2001 ont donné lieu à un faible rendement et à un faible poids au boisseau. Un printemps tardif et de faibles approvisionnements en avoine, en particulier pour le marché de la mouture, ont soutenu le prix et ont encouragé les producteurs à semer de l’avoine.

Superficie de maïs inchangée, mais toujours au-dessus de la moyenne des dix dernières années

Le total de la superficie réservée au maïs-grain est demeuré le même qu’en 2001, ayant totalisé 3,2 millions d’acres, mais se situe toujours au-dessus de la moyenne de 2,7 millions d’acres pour les dix dernières années. Ces chiffres sont inférieurs aux prévisions de mars, qui estimaient que la superficie du maïs allait s’accroître de 7 %. Les conditions humides qu’a connues le sud de l’Ontario ce printemps sont la cause de cette diminution de la superficie.

La superficie de maïs au Québec a augmenté de 3 % pour atteindre 1,1 million d’acres. Il s’agit d’un autre sommet en ce qui a trait à la superficie de maïs pour cette province. La superficie de maïs en Ontario a chuté de 4 % pour se fixer à 1,9 million d’acres.

Au Manitoba, la superficie de maïs de 155 000 acres représente près du double du total observé en 2001. Il s’agit de la plus importante superficie enregistrée au Manitoba depuis 1984, année où l’ensemencement avait totalisé 180 000 acres.

Les agriculteurs de l’Ontario ont ensemencé 610 000 acres en maïs génétiquement modifié, ce qui représente 32 % de la superficie provinciale ensemencée, en hausse par rapport à la proportion de 29 % enregistrée en 2001. Les agriculteurs du Québec ont ensemencé 346 000 acres en maïs génétiquement modifié, soit 31 % de la superficie totale de maïs de cette province, et le même pourcentage qu’en 2001.

Progression de la superficie de canola

Les agriculteurs ont ensemencé 10,0 millions d’acres en canola, soit 5 % de plus qu’en 2001. Le Manitoba et l’Alberta, qui ont connu une hausse respective de 16 % et de 13 % de leur superficie de canola, sont à l’origine de cette augmentation.

Les conditions de sécheresse du sol dans le centre de la Saskatchewan ont donné lieu à un repli de 3 % de la superficie de canola dans cette province.

Au début de juin, après la fin de cette enquête, d’importantes précipitations ont eu lieu. Il se peut que ces pluies aient aidé à accroître la superficie de canola en Saskatchewan.

Arrêt de la croissance rapide de la superficie de pois chiches

La croissance rapide de la superficie de pois chiches en Saskatchewan, qui a atteint un sommet de 1,1 million d’acres en 2001, a soudainement pris fin en 2002.

Les agriculteurs de la Saskatchewan, qui représentent environ 90 % de la production nationale, ont réduit leur superficie de 55 % en 2002, celle-ci se limitant à 500 000 acres. Certains problèmes liés à des maladies et un rendement décevant en 2001 ont découragé les producteurs de semer des pois chiches ce printemps.

Important repli de la superficie de lentilles

Les producteurs ont réduit la superficie de lentilles de 17 %, qui s’est établie à 1,5 million d’acres, ce qui représente une première baisse depuis 1996.

Les agriculteurs de la Saskatchewan, qui produisent près de 99 % de cette culture au Canada, ont réduit leur superficie en 2002. Les conditions de sécheresse et le faible rendement obtenu en 2001 ont contribué à la décision de diminuer l’ensemencement de lentilles.

Superficie inégalée pour les graines de l’alpiste des Canaries

La superficie de graines de l’alpiste des Canaries a été estimée à 705 000 acres, en hausse de 68 % par rapport à 2001, ce qui est nettement supérieur au sommet de 615 000 acres enregistré en 1996. La superficie réduite de 2001, combinée à de faibles rendements, a donné lieu au resserrement des approvisionnements et à de bons prix.

La Saskatchewan, qui représente environ 85 % de la superficie de graines de l’alpiste des Canaries au Canada, a accru ses cultures d’environ 67 %. Les agriculteurs du Manitoba ont ensemencé un nombre inégalé d’acres, soit 95 000, en hausse de 73 % par rapport à 2001.

Diminution de la superficie de soya dans l’Est

Les producteurs ont réduit leur ensemencement en soya de 7 %, celui-ci se chiffrant à 2,5 millions d’acres. La superficie de soya a diminué dans l’Est, mais a augmenté au Manitoba.

L’Ontario, qui compte 80 % de la superficie de soya au Canada, a ensemencé 2,1 millions d’acres en soya, soit 8 % de moins qu’en 2001, mais quand même au-dessus de la moyenne de 2,0 millions d’acres pour les dix dernières années.

Au Québec, l’ensemencement a reculé de 9 %, ayant totalisé 334 000 acres. Les agriculteurs du Manitoba, dont la superficie de soya progresse rapidement, auraient ensemencé 130 000 acres. Il s’agit d’une augmentation de 160 % par rapport à 2001 et d’une superficie inégalée pour le Manitoba.

Le soya génétiquement modifié représente 34 % des ensemencements en Ontario, soit une superficie de 700 000 acres. En 2001, la superficie consacrée au soya génétiquement modifié ne constituait que 23 % du total. Au Québec, les agriculteurs ont semé 96 000 acres de soya génétiquement modifié. Cela représente 29 % de leur superficie totale de soya, comparativement à 27 % en 2001.

La superficie de haricots atteint un sommet au Manitoba

La superficie de haricots blancs secs et de haricots secs colorés devrait atteindre un nouveau sommet cet été, grâce aux producteurs du Manitoba.

La superficie de haricots blancs secs a bondi de 40 % pour atteindre 292 000 acres, dont la majeure partie, environ 175 000 acres, se trouve au Manitoba. Il y a quatre ans, les agriculteurs du Manitoba en cultivaient uniquement 50 000 acres. Depuis 1998, le Manitoba a surpassé l’Ontario en tant que plus important producteur de haricots blancs.

Les agriculteurs du Manitoba ont également contribué au fait que la superficie canadienne de haricots secs colorés ait atteint un nouveau sommet de 265 000 acres, soit 13 % de plus qu’en 2001. Au Manitoba, la superficie s’est accrue de 17 % pour atteindre 140 000 acres, alors qu’en Ontario, on a ensemencé 75 000 acres, en hausse de 19 %.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada

http://www.statcan.ca/


Autres articles