Glyphosate et fusariose

L’utilisation du glyphosate comme herbicide dans un précédant de soya a-t-elle une incidence sur la fusariose de l’épie chez le blé et l’orge? Il semble que non, selon une étude des chercheurs Sylvie Rioux, Anne Vanasse, Yves Dion et Gilles Tremblay publiée par le MAPAQ en 2009.

Voici les faits saillants du projet de recherche.

Des essais de blé et d’orge, réalisés pendant deux ans et menés sous trois modes de travail de sol, conventionnel, en travail réduit et en semis direct, constituaient six essais implantés chacun aux stations expérimentales du CÉROM à Beloeil et de l’Université Laval à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Deux traitements herbicides, glyphosate (G) ou non-glyphosate (NG), ont été appliqués sur du soya Roundup Ready (RR) l’année précédant la céréale. Dans chacun des essais, trois cultivars de blé ou d’orge ayant des degrés différents de sensibilité à la fusariose ont été ensemencés dans les grandes parcelles traitées avec l’un ou l’autre des herbicides.

En 2007, quel que soit l’essai, il n’y a eu aucune interaction entre l’herbicide et le cultivar, de même qu’aucun effet significatif de l’herbicide sur la contamination des grains par la toxine désoxynivalénol (DON), toxine produite par le Fusarium graminearum (Fg). En d’autres mots, aucune différence significative du contenu en DON n’a été observée selon que le glyphosate ou un autre herbicide ait été appliqué sur la culture de soya en 2006.

En 2008, seul l’essai orge en travail réduit à Saint-Augustin a montré un effet faiblement significatif (P = 0,046) de l’herbicide sur le contenu en DON; ce dernier était plus élevé pour le traitement glyphosate (1,5 ppm vs 1,1 pour NG). Dans cet essai, cependant, la quantité de spores de Fg viables provenant des résidus, de même que la verse, étaient plus élevées (bien que non significatif) pour le traitement sans glyphosate et non pour le traitement glyphosate. Ces résultats apparemment contradictoires portent à croire que l’effet significatif de l’herbicide pour cet essai serait un artéfact ou que d’autres facteurs non expliqués interviendraient.

L’ensemble des résultats indique que sous les conditions de culture du Québec, l’utilisation de glyphosate sur un précédent de soya ne cause pas d’augmentation de l’incidence de la fusariose chez le blé et l’orge, peu importe le travail de sol utilisé. Les conditions climatiques, le cultivar, la date de semis et la verse semblent avoir davantage d’impact sur le développement de cette maladie.

Lisez le rapport final de l’étude

 



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