La ferme familiale québécoise: un portrait complexe

Une récente étude vient le confirmer, l’agriculture telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui au Québec a peu à voir avec celle qui existait il y a 40 ans. Les politiques des gouvernements, les échanges commerciaux et les technologies ont modifié les fermes et les familles qui les exploitent. C’est le constat d’une récente étude de la firme Ageco, commandée par la Coop fédérée et l’AQUINAC en cette année internationale des fermes familiales décrétée par l’ONU. La firme a reçu le mandat de faire le portrait des fermes agricoles au Québec et d’en faire le comparatif avec ce qui ce fait ailleurs.

Ainsi, les productions laitières qui représentaient 57% des entreprises totales en 1971 ne représentent plus que 20% de ces dernières. À l’opposé, les fermes disant se spécialiser principalement en grandes cultures se sont multipliées et sont passées de 1% à 13% de l’ensemble des entreprises agricoles. Les autres productions, que ce soit du côté avicole, porcin ou bovin sont demeurées stables, de même que pour les productions de légumes. Les fermes avec des productions dites « autre » ont plus que doublé.

L’étude renvoie à un autre fait bien connu, soit la diminution du nombre de fermes et l’augmentation de leur taille. Elle met toutefois en relief le fait qu’il existe une multitude de manière de se regrouper au sein des fermes en place. La nature du travail et du capital ont aussi évolué en s’éloignant de plus en plus du noyau familial et ce, dans de plus en plus de secteurs d’activité. « Le travail salarié non apparenté, les associations entre producteurs non apparentés, et, dans certains cas, l’apport de capitaux externes sont maintenant des réalités pour un nombre important d’entreprises et pour une part encore plus importante de la production agricole. » Par ailleurs, plus les fermes sont petites, plus l’âge moyen des propriétaires est élevé, ce qui soulève l’enjeu de la relève

Les entreprises plus grosses ont également des besoins différents. Elles sont à la recherche de conseils et d’accompagnement en matière de gestion des ressources humaines, de gestion d’entreprise, d’économie et de planification stratégique. Les attentes envers leurs partenaires deviennent aussi plus exigeantes.

Le rapport termine en soulignant la difficulté à obtenir des informations reflétant la réalité sur le terrain. Cette situation a mené la firme à réaliser des études de cas pour démontrer la complexité de certaines entreprises agricoles qui ont trouvé des solutions originales pour être rentable en agriculture. À la lumière de ce constat, Ageco plaide pour que le secteur soit mieux connu et se fasse connaître, surtout que les décisions politiques s’appuient sur les données disponibles.


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