L’analyse foliaire à la rescousse des maux invisibles

expert fourrager v5*Trop peu de conseillers et de producteurs agricoles sont familiers avec l’analyse foliaire, bien qu’il s’agisse d’un outil précieux pour affiner la conduite de la fertilisation de la luzerne.

Nous effectuons annuellement plusieurs dizaines d’analyses de tissus à travers la province à des fins de suivi et de diagnostic. Sur la période 2011-2013, il ressort par exemple que près de 30% des champs de luzerne échantillonnés étaient déficients en potassium alors que 50% étaient faibles en magnésium et en manganèse. La présence de déficiences en soufre a été remarquée dans 24% des échantillons.

Il faut comprendre qu’une nutrition optimale est indispensable pour la productivité, la qualité et la persistance de nos champs de foin. On impute trop souvent  et trop facilement le manque de survie hivernale au climat alors que les dommages résultent de l’addition de multiples facteurs de risque, dont la nutrition, pourtant une composante essentielle…

Résultats et constats des analyses effectuées au printemps 2014 sur la luzerne

Les analyses indiquent une teneur en azote inférieure à la normale pour ce printemps. Plusieurs champs montraient un feuillage jaune (photo).

Exemple de feuillage jauni, causé par le manque d'azote. Photo fournie par Benoît Fradin, de William Houde.

Exemple de feuillage jauni, causé par le manque d’azote.
Photo fournie par Benoît Fradin, de William Houde.

Certaines causes pourraient expliquer ces faibles valeurs en azote :
• Sols froids ayant drainé lentement qui n’auront pas permis un bon fonctionnement des nodosités de la luzerne.
• Carences connexes (bore, potassium et magnésium notamment).
• pH du sol insuffisant.
• Insuffisance de la fertilisation azotée (quantité d’azote trop faible ou apport tardif).
• Insuffisance de la nutrition en soufre.

Par conséquent, on peut s’attendre à des teneurs en protéines inférieures à la normale pour les ensilages de 1ere coupe de cette année, d’autant plus que la météo n’aura pas permis partout de faucher au moment opportun les graminées (stade fin gonflement).

Analyse foliaire : mode d’emploi

Pour les fins d’analyse, il faut prélever les plants avant la coupe, au stade « croissance de 15 à 20 cm » ou bien au stade « fin bouton / début floraison ».

Plusieurs laboratoires sont équipés pour réaliser ce type d’analyse et les résultats sont généralement disponibles en moins d’une semaine. Le coût se situe autour de 50 $ par analyse. Comparativement à l’analyse fourragère, l’avantage de l’analyse foliaire est qu’elle est plus précise et intègre tous les éléments minéraux, y compris les oligo-éléments. De plus, l’accès rapide aux résultats permet d’ajuster au besoin la fertilisation en cours de saison.

*Texte de Benoît Fradin de William Houde, réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères: http://www.cqpf.ca/.



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