Les plantes ont des yeux

Les cultures et les mauvaises herbes se livrent compétition pour s’approprier la lumière, l’eau et les nutriments disponibles. De récentes recherches démontrent que cette compétition est nuisible avant même que les unes et les autres soient assez grandes pour s’arracher ces ressources.

À l’Université de Guelph, en Ontario, le professeur Clarence Swanton a démontré que les plantes, dont le maïs, peuvent détecter la présence de mauvaises herbes dans leur entourage sans qu’il y ait contact physique ou ombre.

Le maïs est en mesure de recevoir des signaux lumineux en provenance des tiges et des feuilles des mauvaises herbes. La qualité de la lumière rouge reflétée dictera au maïs l’urgence d’agir. Ces signaux déclenchent chez la plantule une série de bouleversements physiologiques, qui stimulent sa croissance hors du sol, dans le but de prendre de l’avance sur la compétition future. Le plant voudra absolument éviter de se retrouver à l’ombre plus tard.

Anticipant la guerre avec ces mauvaises herbes, le plant de maïs concentre sa croissance dans sa tige et ses feuilles, au détriment de ses racines. Si la mauvaise herbe est ensuite éliminée par un herbicide, le plant de maïs aura le champ libre, mais il se sera développé en priorisant la compétition avec les mauvaises herbes, au détriment de son rendement en grain. Il pourrait aussi être plus vulnérable à certains stress.

Un étudiant du professeur Swanton a démontré que du maïs en émergence qui côtoie de l’amarante à raison de 0,5 plant par rangée de maïs aura un rendement inférieur de 5 %, lorsque comparé avec du maïs sans amarante. Par contre, si l’amarante apparaît seulement après le stade de sept feuilles, le rendement du maïs en est aucunement affecté.

Ces découvertes renforcent la recommandation de contrôler les mauvaises herbes tôt en saison, par l’utilisation d’un herbicide de pré-émergence.

« Certains producteurs attendent pour arroser les mauvaises herbes, mais nos données suggèrent que plus ils attendent, plus ils atténuent le potentiel de rendement », affirme le professeur Swanton.

Source : Agri-Food Yearbook Edition – Université de Guelph



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