Premier cas au monde de « chèvre folle » en France

Bruxelles (Belgique), 28 janvier 2005 – Le premier cas au monde d’« encéphalopathie spongiforme bovine » (ESB) sur une chèvre, détecté en France, a été confirmé par la Commission européenne, qui s’est cependant voulue rassurante sur les risques éventuels pour le consommateurs.

Un cas d’ESB « sur une chèvre abattue en France en 2002 a été confirmé aujourd’hui par un panel de scientifiques », a annoncé Bruxelles, confirmant une information donnée un peu plus tôt par le ministère français de l’Agriculture.

Les experts, membres du laboratoire communautaire pour les encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) basé en Grande-Bretagne, ont ainsi confirmé les soupçons formulés dès le mois d’octobre par les autorités françaises.

« On savait que la transmission de l’ESB (à une chèvre) était possible car des tests en laboratoire l’avaient démontré », a expliqué Philip Tod, porte-parole du commissaire à la Santé et la Protection des consommateurs, Markos Kyprianou.

« Mais c’est la première fois qu’on détecte un cas concret sur une chèvre » dans un troupeau, a-t-il précisé.

Née en 2000, la chèvre et le reste de son troupeau de 300 têtes avaient été abattus dans le Gard mais venaient de l’Ardèche, deux départements du sud de la France, selon une source proche du dossier.

La Commission européenne a précisé vendredi qu’aucune de ces bêtes n’était entrée « dans la chaîne alimentaire humaine ou animale ».

Globalement, l’exécutif européen s’est voulu rassurant, estimant que « le niveau d’infection par les EST chez les caprins semble (…) extrêmement bas et (qu’un) risque éventuel pour les consommateurs est minime ». Il ne recommande d’ailleurs « aucune modification de la consommation actuelle de lait, de fromage et de viande provenant de caprin ».

« Des mesures de précaution destinées à protéger les consommateurs (…) sont appliquées dans l’Union européenne depuis plusieurs années », a expliqué Bruxelles.

Ce sont d’ailleurs les tests en place, qui ont porté sur plus de 140.000 caprins depuis avril 2002, qui ont permis « de détecter les animaux suspects de manière à pouvoir les retirer de la chaîne alimentaire », a lui-même expliqué M. Kyprianou, cité dans le communiqué.

Rappelant que l’alimentation des ruminants au moyen de farines de viande et d’os était généralement considérée comme le vecteur de transmission de l’ESB, la Commission a souligné que « l’interdiction de nourrir l’ensemble des ruminants avec des farines animales (avait) été étendue à tous les animaux d’élevage » en janvier 2001.

« Dans l’Union européenne, les caprins ne vivent généralement que quelques années, de sorte que la majorité des caprins recensés dans l’UE à ce jour sont nés après la mise en place de cette interdiction totale », a-t-elle ajouté.

Bruxelles propose toutefois d’intensifier les tests pour déterminer si le cas confirmé vendredi est un incident isolé ou non. Selon le porte-parole de M. Kyprianou, l’idée serait de tester 200.000 caprins sains sur six mois, principalement dans « les Etats membres où l’ESB est présente chez les bovins ».

Ces mesures supplémentaires de protection seront soumises pour approbation aux Etats membres la semaine prochaine. La Commission ne propose en revanche aucune mesure particulière sur les exportations françaises de caprins, a précisé le porte-parole.

Le délai entre l’abattage de la chèvre et la confirmation de sa contamination s’explique par le fait que les tests comportaient « un essai biologique sur souris qui demande deux ans », a expliqué l’exécutif européen.

Trois autres cas suspects sont actuellement en dernière phase d’examen. La Commission, qui ne précise pas d’où viennent ces bêtes, s’attend cependant à ce que les résultats les concernant soient « négatifs ».

Source : AFP


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