Repenser notre fertilisation

Nos grilles de fertilisation en grandes cultures au Québec sont d’une grande simplicité : pour chaque culture, la recommandation d’azote est la même pour l’ensemble de la province, tandis que celles de phosphore et de potassium sont modulées en fonction des résultats des analyses de sol. Nombreux sont ceux qui voient dans ces grilles un frein à l’augmentation des rendements.

Est-il temps de revoir l’approche québécoise et d’envisager des recommandations de fertilisation qui tiendraient aussi compte des types de sol, des rendements obtenus, du climat, de la météo de l’année en cours et de la régie de culture propre à chaque ferme?

Pour nous éclairer à ce sujet, les organisateurs du Rendez-vous végétal ont invité le professeur d’agronomie Brad Joern, de l’Université Purdue, à s’adresser aux participants à cette journée du 13 février prochain, à Drummondville. Sa conférence s’intitule : Recommandations de fertilisation : pouvons-nous aller au-delà d’une formule universelle?

Voici un avant-goût de son propos.

Quelle est cette approche régionale que vous dites souhaitable?

Brad Joern : Les recommandations de fertilisation ne devraient pas être les mêmes à la grandeur d’un état ou d’une province. Il serait plus logique de fonctionner par régions partageant un même type de sol et un même climat. La capacité d’échange cationique varie d’un type de sol à l’autre, ce qui influe sur la disponibilité des éléments fertilisants.

Un échantillon de sol peut contenir un niveau élevé de potassium, par exemple, mais la chimie propre à ce type de sol pourrait le rendre inaccessible à la plante. Le climat est aussi déterminant : plus on se déplace vers le nord, plus lente est la minéralisation de la matière organique, d’où l’idée d’utiliser des engrais au démarrage.

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