Sécher son grain à la biomasse

PHOTO : André Dumont

En 2010, René Gélinas a converti à la biomasse le chauffage de ses cinq poulaillers. Le réseau de distribution d’eau chaude se rend jusqu’à sa maison, ses deux garages et… son silo-séchoir!

Producteur de poulet à Saint-Boniface, en Mauricie, René Gélinas est enchanté non seulement par le confort que le chauffage par eau chaude procure à ses poulets, mais aussi par la qualité du séchage de ses grains.

Le brûleur au propane du silo-séchoir de la Ferme Tomchyrs a été remplacé par un radiateur contenant du glycol réchauffé à 87oC par l’eau chaude du réseau qui relie l’ensemble des bâtiments. Ce radiateur est le seul équipement de chauffage sur la ferme à contenir du glycol plutôt que de l’eau, puisqu’il est aussi le seul situé à l’extérieur, exposé au gel.

Une fois rempli, il suffit de trois à quatre jours pour que le contenu du silo-séchoir accomplisse son travail. Cette année, le maïs avait un taux d’humidité variant de 20 à 23 %, de sorte que le séchage était terminé en trois jours. Il faut environ quatre heures pour transférer les quelque 100 tonnes de maïs sec vers un autre silo.

Pendant les jours de séchage, la récolte est interrompue. Comme il ne cultive que sur 140 hectares, cela ne pose pas problème à René Gélinas et son entrepreneur à forfait. Notre producteur estime que son système de séchage serait adéquat jusqu’à 180 hectares.

Ce type de séchage convient non seulement à la taille de sa ferme. Il est aussi idéal pour une zone où le maïs doit souvent être récolté humide, avec jusqu’à 30 % d’humidité. Le séchage se fait lentement, ce qui se reflète positivement sur le poids à l’hectolitre. La qualité du grain s’en trouve améliorée lorsque comparée à un séchage traditionnel en continu, un procédé plus rapide et à plus haute température.

PHOTO : André Dumont

À l’automne, la chaudière n’est pas encore sollicitée à sa pleine capacité pour chauffer les poulaillers, de sorte qu’amplement d’eau chaude est disponible pour le transfert d’énergie au glycol du radiateur pour le séchage.

Et comme la biomasse (sciure de bois, copeaux, bois de démolition et autres) est abondante et abordable, les coûts du séchage n’ont rien à voir avec l’ancienne facture de propane!

Un reportage détaillé sur le chauffage à la biomasse à la Ferme Tomchyrs sera publié bientôt dans les pages du Bulletin des agriculteurs.



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