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À la découverte du bison !
Publié dans Le Bulletin des agriculteurs de mars 2001

La Ferme La Bisonnière s’est lancée dans l’agrotourisme. Histoire, safari-bison et dégustation attirent les visiteurs.
par Martine Giguère, agronome, journaliste

Sylvie St-Arneault reçoit aujourd’hui un groupe d’une vingtaine de Français. Une petite journée, confie-t-elle : en général, les groupes ont au moins trois fois cette taille. La Bisonnière s’est bâti toute une réputation auprès des agences touristiques. Elle accueille près de 5000 visiteurs par année, en majorité des Européens.

La visite commence par un court historique de l’entreprise. Il y a quelques années, Sylvie St-Arneault est infirmière, et Daniel Gagnon travaille dans le domaine de la construction, mais ils rêvent tous deux de s’établir à la campagne. Un reportage sur l’élevage du bison pique leur curiosité. Ils visitent alors quelques éleveurs de bisons au Québec et en Ontario, puis, en 1990, ils achètent une ferme à Saint-Prosper en Mauricie. L’année suivante, ils font l’acquisition de trois bisons femelles.

Hobby au départ, l’élevage du bison les occupe rapidement à temps plein. Au fil des ans, le nombre de têtes augmente. Si bien que, en 1994, les gens arrêtent à la ferme et demandent à voir les animaux. Pris au dépourvu, le couple Gagnon-St-Arneault ne sait que faire de tous ces visiteurs.

Il n’en faut pas plus pour que, l’année suivante, on rénove l’ancienne étable et y aménage cuisine et salle à manger afin de recevoir tous ces curieux. Aujourd’hui, le troupeau est constitué d’une centaine de têtes, dont deux mâles et une trentaine de reproductrices.

La visite se poursuit par un survol des circonstances historiques entourant le cheptel de bisons nord-américain. Au début des années 1800, période où l’on dénombre de 40 à 60 millions de bisons en Amérique du Nord, la population amérindienne dépend du bison. Elle en fait de multiples usages, notamment pour se nourrir mais également en fabrication de vêtement, de tipis, etc. Afin de décimer les populations amérindiennes, les colons procèdent à l’abattage massif du bison.

Qui n’a pas entendu parler du fameux chasseur surnommé Buffalo Bill et de ses exploits ? Lors de la construction de chemin de fer, on engageait des chasseurs afin de tuer des bisons pour nourrir les travailleurs. La chasse au bison constituait un spectacle impressionnant. Une fois la construction du chemin de fer terminée, de riches bourgeois se rendent en train dans les plaines pour une partie de chasse. On tue le bison par pur plaisir, et le troupeau est éliminé en moins d’un siècle. On compte à présent 200 000 bisons en Amérique du Nord, dont près de 3000 au Québec.

Ensuite, Daniel Gagnon fait monter le groupe dans une remorque et l’emmène en safari parmi les bisons. « C’est la période de rut, la plus active de l’année », précise-t-il. Durant cette période, de violentes batailles éclatent entre les deux mâles. Le mâle dominant a toujours préséance quant au choix des femelles, mais il doit constamment défendre son titre. Ce matin, la clôture était brisée à trois endroits, raconte Daniel Gagnon, mais il n’y a rien à craindre, car elle est électrifiée. L’installation retient les bisons dans les enclos et permet aux propriétaires de dormir sur leurs deux oreilles.

Un animal nerveux
Le bison est un animal très nerveux, ce qui le rend agressif. Le mâle pèse jusqu’à 1200 kg, la femelle en pèse les deux tiers. La gestation dure 290 jours, et la mise bas est aisée. Le jeune bison ne pèse que 18 kg à la naissance. Peu sensibles aux maladies, les bisons reçoivent par contre deux vermifuges par année. Cette tâche demande beaucoup de travail, et tous les sujets y passent un à un. Pour effectuer une telle opération, le corral doit être bien aménagé et solide. En fait, la qualité de l’aménagement de l’enclos de capture, de tous les enclos de pâturage et du corral fait partie des conditions de réussite de cet élevage.

L’alimentation du bison est principalement composée de foin sec et d’avoine. Depuis quatre ans, le taux de reproduction de La Bisonnière frôle 90 %. L’entreprise est reconnue non seulement comme ferme agrotouristique mais également pour la qualité de son élevage. On vient des États-Unis et de l’Ouest canadien pour acheter ces bisons. « La vente de bison représente la principale source de revenus de l’entreprise », précise Daniel Gagnon.

Pour compléter son installation, le couple a fait l’acquisition d’une boucherie en faillite. Au besoin, un boucher vient découper la viande sur place. Elle est entièrement commercialisée à la ferme, au comptoir de vente et lors de la réception des groupes.

Description des photos
Les photos sont publiées dans le magazine imprimé
1. Justine, Jean-Christophe, Charles et Jérôme (ces deux derniers absents de la photo) donnent un coup de main lorsque l’on reçoit des groupes, précise Sylvie St-Arneault.
2. Le bison est un animal nerveux, ce qui le rend agressif. Le mâle pèse près de 1200 kg et peut atteindre une vitesse de 50 km à l’heure et sauter à une hauteur de 2,10 mètres.
3. Une remorque emmène les visiteurs en safari-bison, à proximité du troupeau. Daniel Gagnon en profite pour raconter quelques anecdotes et expliquer la régie et les particularités de l’élevage du bison.
4. La qualité de l’aménagement de l’enclos de capture, de tous les enclos de pâturage et du corral fait partie des conditions de réussite de l’élevage du bison.

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