Le Bulletin des agriculteur - Portail de l'agriculture au Québec Le Bulletin des agriculteur - Portail de l'agriculture au Québec
Le
   Le Bulletin
Accueil Contactez-nous Aide     
    

Dans Le Bulletin ce mois-ci
  Pour vous abonner

Informations
  Marchés
  Actualités
  Nouveaux produits
  Forums
  Météo
  Sondage

Spécialités
  Cultures
  Machinerie

Outils
  Conversion métrique

Commerce
  Machinerie usagée
  Petites annonces

Magazine
  Pour vous abonner
  Changement d'adresse
  Service aux abonnés

Magazine
  Sommaire
  Abonnement
  Contactez-nous


  Copyright © 1996-2010
  Rogers Media

  Conception et réalisation :

  CyberCréation

Quand chaleurs se conjuguent avec alimentation
Publié dans Le Bulletin des agriculteurs de mai 2003

« Chaleurs intenses » riment avec « ventilation », « brumisation », « goutte-à-goutte »... Cependant, l'alimentation adaptée à la période estivale peut aussi contribuer à contrer les effets négatifs des chaleurs estivales.
par Marie-Josée Parent, agronome, journaliste (mjparent@lebulletin.com)

Les chaleurs de l'été 2002 vous ont sûrement causé des maux de tête. Le spectre est de retour... Aussi bien vous y préparer maintenant afin d'en diminuer les effets négatifs plus tard.

En production porcine, le réflexe premier devant la canicule consiste à utiliser diverses méthodes mécaniques comme la brumisation ou le goutte-à-goutte. Or, la composition des moulées et certaines stratégies d'alimentation peuvent aussi avoir une incidence importante.

Moulées d'été
« La problématique est assez simple en théorie, explique le professeur en nutrition porcine à l'Université Laval, Jean Bernier. Quand il fait chaud, on est normalement porté à diminuer sa consommation d'aliments afin de produire moins de chaleur. » Puisque l'animal consomme moins, on doit lui fournir une alimentation plus riche en énergie afin que sa consommation totale en énergie reste normale.

On réduit aussi le taux de protéines, pour éviter que l'animal utilise les protéines comme source d'énergie, ce qui provoquerait une production de chaleur importante. Pour palier cette diminution de protéines, on apportera un soin particulier aux acides aminés ajoutés à la ration, principalement la lysine et la méthionine, précise le spécialiste en nutrition animale chez Aliments Breton, Daniel Boyaud. « Il est très important de ne pas se contenter d'augmenter l'énergie. Il faut aussi maintenir le rapport acides aminés/énergie », dit-il. Les acides aminés sont les éléments de base de fabrication des protéines.

Troisième ingrédient à surveiller : la fibre. Difficile à digérer, elle provoque une production importante de chaleur. D'autres ingrédients, tels le sélénium, la vitamine E ou la vitamine C, peuvent avoir un effet bénéfique.

Fabriquées à la ferme vs achetées
Si les moulées fabriquées par une meunerie sont presque automatiquement changées en période d'été, cette modification ne se fait pas aussi automatiquement à la ferme. Les moulées commerciales peuvent contenir un grand nombre d'ingrédients différents. Certains sont très fibreux.

Dans le cas de moulées fabriquées à la ferme, les sources d'ingrédients sont peu variées, et les installations ne permettent pas nécessairement d'en incorporer des nouveaux. De rares producteurs ont un réservoir de gras ou d'huile (voir Visez la rentabilité, page 46). Cependant, en règle générale, les ingrédients sont déjà peu fibreux et concentrés. C'est le cas du maïs, du tourteau de soya et des prémélanges qui constituent les ingrédients de base des moulées fabriquées à la ferme.

On peut aussi remplacer le tourteau de soya par de la fève de soya entière cuite qui contient plus d'huile, donc plus d'énergie. Il faut cependant faire attention à la quantité d'huile ou de fèves de soya entières, précise le spécialiste en nutrition porcine de Shur-Gain, Michel Vignola. Une trop grande quantité peut entraîner l'apparition de « lard mou ».

C'est le conseiller en alimentation animale qui peut le mieux aider le producteur désireux de modifier sa moulée une fois l'été arrivé. Dans certains cas, par exemple quand le statut sanitaire est insuffisant, le conseiller peut carrément déconseiller un tel changement, précise Daniel Boyaud.

Par ailleurs, certains producteurs qui fabriquent leur moulée ne peuvent pas faire de moulées d'été. « Certains de mes clients qui font de l'engraissement n'ont que deux silos, un pour le maïs et l'autre pour le tourteau, explique la spécialiste en nutrition des porcs de Vita Distribution, Marie Despars. En engraissement, les gens changent rarement de moulée. »

Des principes simples peuvent favoriser la consommation en période estivale. L'un d'eux consiste à donner un repas supplémentaire en fin de journée. « Si les truies mangent deux fois par jour, il faudrait alors leur donner trois fois de moulée », rappelle la conseillère Marie Despars.

On recommande même d'alimenter en soirée parce que, en saison chaude, les animaux consomment plus la nuit. Les aliments non consommés doivent aussi être retirés, précise Daniel Boyaud. La chaleur dégrade en effet très vite les aliments, qui perdent alors de leur appétence. La consommation est donc affectée doublement.

Marie Despars recommande aussi de donner un produit top dress plus énergétique aux truies en lactation en saison estivale. Elle recommande d'utiliser le produit donné aux truies en première parité le reste de l'année. « Ça revient au même que de faire une autre moulée », dit-elle.

N'oubliez pas l'eau !
L'été, les porcs surconsomment l'eau. Ils jouent dans l'eau pour se rafraîchir et ils en ingèrent également davantage. Il est donc très important qu'ils aient accès à une eau de qualité, à volonté. L'eau ajoutée à la moulée stimule aussi la consommation. Voilà qui est bénéfique, à un moment où les porcs et truies ont tendance à moins consommer.

Encadré : Attention aux truies en lactation !
Certains groupes d'animaux souffrent beaucoup des chaleurs d'été; d'autres peu, ou pas du tout. Les truies en lactation sont les premières à surveiller. Pour elles, la température idéale se situe à moins de 20 °C, alors que les porcelets qu'elles alimentent ont une zone de confort entre 28 et 30 °C. En réalité, les truies en lactation ont toujours trop chaud, même l'hiver lorsque la température est maintenue aux environs de 24 °C.

De plus, les truies sont de grandes productrices. Elles ont besoin de beaucoup d'énergie pour assurer une bonne croissance des porcelets et un bon retour en chaleurs.

Les porcs en croissance souffrent aussi beaucoup de la chaleur. C'est le deuxième groupe à surveiller, estime Michel Vignola, de Shur-Gain. Les jeunes porcs en croissance souffrent peu de la chaleur. Cependant, plus ils approchent du poids d'abattage, plus ils en souffrent, et plus leurs performances sont affectées. C'est dans ce groupe que le changement d'alimentation aura le plus d'impact, précise M. Vignola.

Description des photos
Les photos sont publiées dans le magazine imprimé
1. De tous les groupes d'animaux d'une ferme porcine, les truies en lactation sont celles qui souffrent le plus des chaleurs d'été. D'un côté, elles ont déjà trop chaud nonobstant la saison; de l'autre, elles utilisent beaucoup d'énergie pour produire du lait.
2. Malgré les effets bénéfiques de l'alimentation d'été, ce sont les mesures touchant directement l'ambiance, comme la brumisation, qui ont le plus d'impact pour diminuer les effets négatifs de la chaleur.

Retour à la page précédente


 Haut de la page       Imprimer       Envoyer à un ami


Numéro courant



Archives
2004
2003
2002
2001
2000



Accueil  À propos  Contactez-nous

Question ou commentaire :
info@lebulletin.rogers.com ou utilisez notre page commentaire.

Difficulté technique avec le site :
luc.gagnon@lebulletin.rogers.com

Note légale Mondalités d'utilisation