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Grippe aviaire: l'Europe mieux armée que l'Asie, selon les experts

Londres (Angleterre), 18 août 2005 - Bien que le virus de la grippe aviaire se dirige actuellement vers l'Europe via la Russie, les experts sanitaires se montrent plutôt optimistes: ils estiment que les pays européens sont en mesure de contrôler l'épidémie avant que le virus ne se transmette d'homme à homme.

« Pour la plupart d'entre nous, il ne fait aucun doute que la grippe aviaire se dirige vers l'Europe », confirme Michael Osterholm, expert dans ce domaine et directeur du centre de recherche sur les maladies infectieuses à l'université du Minnesota (Etats-Unis).

Si la situation s'aggrave, lui et ses collègues considèrent que l'Europe est mieux équipée que le Sud-Est asiatique pour faire face à une attaque que les spécialistes craignent de voir évoluer en pandémie.

Le scénario de l'émergence d'une épidémie en Europe serait très différent de ce qui se passe en Asie, affirme Juan Lubroth, expert vétérinaire à l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), agence onusienne chargée de la surveillance des virus.

D'après lui, le virus ne serait pas seulement découvert plus rapidement. En Europe, les gens ne vivent pas à proximité des animaux comme en Asie. L'industrie de la volaille européenne est plus à même de protéger ses oiseaux des contacts qu'ils pourraient avoir avec les canards sauvages responsables de la propagation de la maladie. L'Italie et les Pays-Bas ont ainsi déjà réussi à enrayer plusieurs épidémies de grippe aviaire.

De plus, les experts soulignent que le système de soins européen est mieux équipé pour faire face à une exposition à la grippe aviaire ou à tout autre infection d'origine animale. « Théoriquement, comme la maladie va être stoppée dans sa course, elle ne devrait pas infecter l'homme. Son dépistage rapide ne lui donnera pas la moindre chance de s'adapter à l'homme », souligne Juan Lubroth.

Mercredi, des employés de centres vétérinaires russes ont procédé à l'incinération de milliers d'oiseaux pour éviter que l'épidémie ne se propage de l'autre côté des montagnes de l'Oural, qui s'étendent sur environ 1.200 kilomètres à l'est de Moscou et séparent la partie orientale de la Russe de sa partie européenne.

L'origine de l'épidémie russe dont le premier cas a été répertorié en juillet dans l'ouest de la Sibérie, a été attribuée à deux sortes de canards sauvages (mallard et pochard), ayant migré d'Asie du Sud-Est, selon le porte-parole ministériel Sergueï Vlasov.

Le chef de la santé publique du pays a averti cette semaine que le virus pourrait bien atteindre les régions de la mer Noire et de la mer Caspienne un peu plus tard dans l'année, puis gagner la partie occidentale de la Russie au printemps.

La plus grande inquiétude est que le virus mute et prenne une forme contagieuse d'humain à humain, mortelle pour l'homme. La plupart des épidémies de grippe proviennent de virus grippaux aviaires. Mais bien que celui-ci ait détruit les cheptels de volaille en Asie et entraîné des morts parmi les humains, il ne s'est pas encore transmis d'homme à homme.

Toutefois, Michael Osterholm ajoute qu'à chaque fois que le virus passe d'un oiseau à l'autre, il a l'opportunité de muter. « C'est une roulette génétique », explique-t-il. Pour toute transmission, le risque de mutation augmente jusqu'à obtenir une souche plus facilement transmissible d'homme à homme.

Les scientifiques suivent le trajet des oiseaux migrateurs qui vont de la Sibérie à l'Afrique en passant par l'Europe de l'Ouest. Des ornithologues et des observateurs d'oiseaux travaillant pour le virologue néerlandais Albert Osterhaus de l'Université Erasmus, aux Pays-Bas, prélèvent chaque semaine des échantillons de matières fécales d'animaux sauvages pour que les scientifiques puissent y découvrir d'éventuelles traces de grippe aviaire. Jusque-là, aucune trace de la souche H5N1, qui a décimé le cheptel asiatique, n'a encore été retrouvée.

Sur les conseils de Michael Osterholm, les Néerlandais ont demandé aux éleveurs de volaille de rentrer leurs bêtes, au cas où.

Source : AP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
http://www.fao.org

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