113 incidents connus de contamination génétique dans le monde

Montréal (Québec), 8 mars 2006 – La semaine prochaine, le Brésil sera l’hôte de la réunion de l’ONU sur la biosécurité (1). Pouralimenter le débat, GeneWatch UK et Greenpeace ont publié un rapport qui passe en revue tous les cas de contamination génétique qu’ils ont enregistrés depuis 1996 grâce au registre en ligne GM Contamination Register (2). Au nombre desincidents répertoriés, on retrouve notamment des cas de plantation et dedissémination illégales d’organismes génétiquement modifiés (OGM) et des casd’effets secondaires négatifs sur l’agriculture. Le Canada arrive au quatrièmerang des pays les plus touchés par la contamination génétique (après les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie).

Le registre est le seul outil qui permet de répertorier les cas decontamination aux OGM à l’échelle mondiale (3). Il est bien sûr incompletparce que tous les cas ne sont pas nécessairement détectés ou rapportés, maisil donne une bonne idée de l’impact du phénomène. Au total, le registrecomprend 113 incidents : 88 cas de contamination, 17 cas de disséminationillégale et 8 cas d’effets nuisibles sur l’agriculture. Pour l’année 2005prise isolément, on a enregistré respectivement 7, 8 et 3 cas.

« Les pays doivent prendre cette question très au sérieux », affirme SueMayer, directrice de GeneWatch UK. « Il est temps que la longue liste d’erreurset d’échecs associés aux OGM déclenche une sonnette d’alarme auprès despoliticiens et des gestionnaires d’entreprises. »

Eric Darier, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace etreprésentant du Réseau canadien en environnement au sein de la délégationcanadienne, explique : « Jusqu’ici, 132 pays ont ratifié le Protocole deCartagena, mais le Canada n’est pas du nombre. En cultivant et en exportantdes plantes génétiquement modifiées, le Canada est devenu l’un des principauxresponsables de la contamination génétique à l’échelle mondiale. » (4)

Différents regroupements d’agriculteurs canadiens (notamment l’Unionpaysanne, la National Farmer’s Union et le Saskatchewan Organic Directorate)ont exprimé leurs craintes quant aux impacts négatifs de la contamination parles OGM. En fait, les agriculteurs canadiens ont déjà perdu l’accès àplusieurs marchés étrangers parce que les consommateurs de nombreux payss’opposent aux aliments génétiquement modifiés.

« Il est temps que le gouvernement canadien opte pour la biosécurité aulieu de donner priorité aux intérêts commerciaux qui sont liés à lacontamination génétique internationale, ajoute Eric Darier. Le gouvernementHarper devrait profiter de cette occasion pour se distinguer de sesprédécesseurs libéraux qui brillaient par leur inaction chronique. Le Canadadoit adopter une position qui vise à assurer le développement durable del’agriculture au Canada. » En plus de ratifier le Protocole sur la biosécurité,le Canada devrait établir une politique stricte en matière de responsabilitéafin de protéger les agriculteurs, les consommateurs et l’environnement contrela contamination aux OGM. Le Canada devrait aussi rendre obligatoirel’étiquetage des aliments qui contiennent des OGM parce que les consommateursont le désir et le droit de savoir ce qu’ils mangent.

Notes complémentaires :
1. La réunion du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques aura lieu du 13 au 17 mars prochain au Brésil : http://www.biodiv.org
2. Le rapport, intitulé GM Contamination Register Report 2005, a été préparé par Sue Mayer de GeneWatch UK. On peut le consulter en anglais à : www.greenpeace.org/biosafety Une traduction en français du résumé est disponible sur demande.
3. L’adresse du registre est la suivante : http://www.gmcontaminationregister.org
4. http://www.greenpeace.org/international/press/reports/canola-report

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

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