31 jours de travail pour payer l’épicerie de l’année

Longueuil (Québec), 6 février 2003 – Il n’aura fallu que 39 jours au ménage canadien moyen et 31 jours à son vis-à-vis québécois pour gagner suffisamment d’argent afin de payer toutes ses dépenses d’épicerie de l’année. De fait, le 8 février prochain, on célébrera partout au pays la Journée de l’affranchissement des dépenses alimentaires, de quoi se réjouir quand on sait que le panier d’épicerie des Canadiens est l’un des moins chers au monde.

En effet, alors qu’au Canada on consacre 9,9 % des dépenses totales de consommation aux aliments et aux boissons non alcoolisées, la nourriture représente 11,8 % des dépenses totales des ménages en Allemagne, 14,2 % en France, 16,3 % en Nouvelle-Zélande et 23,9 % au Mexique. C’est ce que révèlent les statistiques de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Prix abordables… qualité irréprochable

Les Québécois jouissent de produits parmi les moins chers au monde, sans avoir à sacrifier à la qualité, bien au contraire. Le Québec fait effectivement figure de proue en matière d’innocuité alimentaire. Les agriculteurs et agricultrices ont à coeur la qualité de leurs produits et la satisfaction des consommateurs. C’est pourquoi ils se consacrent à mettre en place des programmes de salubrité des aliments à la ferme selon la certification HACCP (l’équivalent de la norme ISO appliquée au secteur agroalimentaire) et à déployer des systèmes de traçabilité permettant aux consommateurs de connaître tout le « chemin parcouru » par leurs aliments, depuis la ferme jusqu’à la table.

Avantageux pour les producteurs… et les consommateurs

À ceux qui s’interrogent sur les avantages de la mise en marché collective, la position du Québec en tête du palmarès des bas prix du panier de provisions parle d’elle-même. Les mécanismes dont se sont dotés les producteurs québécois offrent des avantages indéniables, tant pour les producteurs que pour les consommateurs. Aux premiers, ils permettent, dans un marché mondialisé, de bénéficier d’une meilleure répartition des revenus entre tous les acteurs de la chaîne agroalimentaire. Aux deuxièmes, ils donnent accès à des produits de qualité à des prix plus que raisonnables. Pas étonnant que le modèle québécois s’attire des regards d’ailleurs dans le monde.

Revers de la médaille

Si, année après année, notre panier d’épicerie figure par son coût modique en tête du palmarès international, c’est grâce au dynamisme et à l’innovation des producteurs de tout le pays. La médaille présente toutefois un revers beaucoup plus sombre. De fait, l’écart n’a cessé d’augmenter entre les prix à la production et les prix à la consommation; il est aujourd’hui plus du double de ce qu’il était en 1975. Et malgré l’indexation des prix, nous recevons pour nos produits quasiment la même chose qu’il y a plus de 25 ans!

À cela, il faut ajouter que le soutien du Canada à l’agriculture a fondu comme neige au soleil, ses investissements ayant diminué de plus de la moitié en quelque dix ans, alors que nos principaux concurrents ont doublé les leurs. Cela n’a pas empêché les producteurs de prendre le virage agroenvironnemental et de s’engager dans des programmes d’innocuité alimentaire et de traçabilité des aliments. Mais ces nouvelles pratiques ont un prix. Les consommateurs pourront-ils continuer de régler leur facture d’épicerie annuelle en 39 jours, si les gouvernements n’assument pas leur responsabilité collective? La question mérite qu’on la pose impérativement.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)

http://www.oecd.org/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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