Action de Greenpeace devant Nestlé contre les OGM vendus en Asie

Genève (Suisse), 6 juin 2002 – Une cinquantaine de militants de Greenpeace ont protesté devant le siège de Nestlé à Vevey (ouest de la Suisse), contre la commercialisation par la multinationale suisse d’aliments génétiquement modifiés en Asie du sud-est, a-t-on appris auprès de l’organisation écologique.

Vêtus de complets sombres, les militants gavaient des poupées avec des aliments contenant des OGM, vendus en Asie sans étiquetage et donc, selon Greenpeace, au mépris de la liberté de choix des consommateurs.

Des actions similaires ont lieu simultanément à Bangkok, Manille et Hong Kong, a indiqué Clément Tolusso, porte-parole de Greenpeace-Suisse.

Un porte-parole de Nestlé, Marcel Rubin, a confirmé la commercialisation par son groupe de produits alimentaires génétiquement modifiés en Asie, parfois sans étiquetage correspondant lorsque la législation ne l’exige pas, comme c’est le cas dans certains pays asiatiques ou aux Etats-Unis.

En matière d’étiquetage, Nestlé affirme respecter très strictement les lois et directives de chacun des Etats dans lequel le groupe alimentaire vend ses produits, a souligné le porte-parole.

« Ce que l’on constate, c’est que l’attitude à l’égard des OGM varie d’une région à l’autre. En Europe, il est tout à fait clair qu’ils ne sont pas acceptés par les consommateurs. Mais aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Asie, ces produits sont parfaitement acceptés et ne suscitent pas de rejet », a-t-il déclaré à l’AFP.

« Nous adaptons l’utilisation des OGM aux désirs et soucis des consommateurs. Nous n’allons pas vendre à des consommateurs qui n’en veulent pas des produits contenant des OGM », a poursuivi M. Rubin.

Greenpeace affirme avoir procédé en Thaïlande, en Chine, aux Philippines et au Brésil, à des analyses ponctuelles de produits Nestlé et identifié la présence d’OGM, notamment dans les céréales pour enfants Cérélac.

« Dans les pays où les consommateurs sont organisés, comme en Europe, Nestlé n’ose pas vendre ce type d’aliments, mais là où les consommateurs ne sont pas organisés, il en vend », a indiqué Clément Tolusso.

Selon Greenpeace, les conséquences à long terme de la culture et de la consommation de plantes génétiquement manipulées sont « imprévisibles, incontrôlable et irréversibles ». « C’est pour cela que les produits transgéniques doivent disparaître du marché. En attendant, ils doivent au moins être clairement étiquetés comme contenant des OGM », souligne Greenpeace, dans un communiqué.

Greenpeace exige de Nestlé qu’il renonce sur toute la planète à produire et commercialiser des OGM, comme l’a fait Novartis en 2001.

Pour Nestlé, au contraire, toutes les matières premières utilisées, qu’elles soient génétiquement modifiées ou non, subissent les mêmes contrôles de qualité et de sécurité. « Nous n’avons jamais découvert d’aspects nocifs ou dangereux dans les matières premières génétiquement modifiées », a affirmé M. Rubin.

« Nous croyons qu’il s’agit d’une technologie prometteuse qui va permettre de développer des produits dans l’intérêt des consommateurs et être l’un des éléments qui permettront de résoudre en particulier les problèmes de production agricole pour diminuer les risques de faim dans le monde », a-t-il dit.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

Nestlé

http://www.nestle.ca/

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