Agriculture : plusieurs dossiers chauds en France

Paris (France), 8 mai 2002 – Plusieurs dossiers chauds attendent le nouveau ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard: réforme de la PAC, revenus et retraites des exploitants, chute des cours du porc, difficultés de la viticulture, sans oublier les conséquences de la crise de la vache folle.

Hervé Gaymard, 41 ans, député RPR de Savoie, a été nommé ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales. Il est considéré comme un homme de confiance de Jacques Chirac sur les dossiers économiques.

Dès sa nomination mardi soir, les grands syndicats agricoles ont demandé à le rencontrer au plus vite.

« Il y a du pain sur la planche », a indiqué Jean-Michel Lemétayer, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). La Confédération paysanne a dit préparer dix mesures qu’elle souhaite voir appliquées rapidement. Quant à la Coordination rurale, elle a demandé au nouveau ministre de la recevoir « dans les meilleurs délais ».

Premier grand sujet européen auquel le ministre sera confronté, celui de la politique agricole commune (PAC): la Commission européenne souhaite parvenir à une révision de la PAC d’ici la fin de 2002 ou le début de 2003 et les discussions s’annoncent âpres entre les Quinze.

Lors de la campagne électorale, Jacques Chirac a confirmé son attachement à la PAC. Si on la supprimait, « le revenu des agriculteurs baisserait d’un seul coup de 40% », a-t-il fait valoir.

M. Gaymard devra faire face à un monde agricole durement frappé par les crises sanitaires (vache folle, fièvre aphteuse…), par une méfiance accrue des consommateurs envers certains produits et par une concurrence étrangère accrue. Le ministère de la rue de Varenne s’est d’ailleurs attribué un nouveau libellé celui des Affaires rurales, signe de la volonté du gouvernement de s’occuper des paysans et du monde rural.

Les paysans s’inquiètent pour leurs revenus et plus particulièrement pour leur retraite, un des sujets auquel s’était attelé l’avant-dernier ministre, Jean Glavany, qui prévoyait la création d’un régime de retraite complémentaire obligatoire.

M. Glavany avait lui-même dénoncé « le scandale des retraites agricoles qui sont d’une faiblesse indigne d’une société moderne et solidaire comme la nôtre ».

De leur côté, les syndicats réclament une distribution plus efficace ainsi qu’une simplification des aides agricoles, dont la complexité va parfois à l’encontre des objectifs visés. Malgré les nombreuses aides à l’installation des jeunes agriculteurs, les derniers chiffres font état d’une baisse régulière des installations aidées dont le nombre est passé de 7.000 en 1999 à 5.800 en 2001.

Le nouveau ministre est attendu au tournant par les différentes filières. Avec l’effondrement des cours du porc depuis quelques semaines, le marché porcin est en crise. La découverte de cas de peste porcine dans trois pays européens dont la France est un autre sujet de préoccupation qui devrait être évoqué par les Quinze mardi et mercredi.

La filière avicole est sur le qui-vive, confrontée à une baisse de la consommation, une surproduction nationale et à la concurrence étrangère.

La viticulture demeure un sujet brûlant. Depuis plusieurs années, les vins français sont en perte de vitesse à l’étranger, concurrencés par la production du Nouveau Monde. Victimes de la surproduction, les viticulteurs du Languedoc Roussillon ont ces dernières semaines multiplié les actions violentes. Un plan d’aide de l’Etat vient d’être adopté.

Enfin, si l’élevage bovin, plongé dans une crise sans précédent, espère sortir de la vache folle, la filière n’en demeure pas moins fragilisée.

La passation de pouvoirs au ministère avec François Patriat est prévue vendredi.

Source : AFP

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