Allemagne : la contamination au désherbant s’étend à l’agriculture conventionnelle

Berlin (Allemagne), 6 juin 2002 – Le Nitrofen, un désherbant cancérigène interdit depuis plus de douze ans en Allemagne et entré depuis près d’un an dans la chaîne alimentaire biologique, a contaminé également des produits de l’agriculture classique, a affirmé une ministre allemande.

« Le problème s’étend à l’agriculture classique », a souligné la ministre de l’Agriculture et de la protection des consommateurs, Renate Kuenast, devant la chambre des députés (Bundestag).

Un entrepôt à Malchin dans l’ex-RDA, à l’origine de la contamination de céréales biologiques qui y avaient été stockées depuis le mois d’octobre dernier, a en effet servi avant cette date au stockage de céréales produites par l’agriculture conventionnelle, a précisé Mme Kuenast.

Dans l’entrepôt, qui avait, du temps de la RDA, servi au stockage de Nitrofen avant son interdiction à la réunification, des tests ont décelé une contamination de deux grammes par kilo de poussière.

L’enquête a déterminé qu’en 1999, 1.500 tonnes d’orges y avaient été stockées. Ces céréales ont depuis été exportées, a indiqué à l’AFP le président de l’Office fédéral de l’agriculture et de l’alimentation, Guenter Drexelius, sans être en mesure de préciser vers quels pays.

Critiquée pour avoir tardivement informé le public du scandale de la contamination au Nitrofen, Renate Kuenast a promis devant les députés de « faire toute la lumière » sur cette affaire et de rechercher ceux qui auraient tenté d’étouffer le scandale. « Nous clarifions tout, chaque millimètre, le cheminement de tous les produits », a-t-elle assuré.

Le scandale des contaminations au Nitrofen, dont le grand public n’a été informé que le 24 mai, va coûter au moins 540 millions d’euros de pertes à la branche des produits biologiques, selon la Fédération des agriculteurs allemands.

Toutefois, 50% des Allemands continuent de faire confiance aux produits bio en dépit de ce scandale, selon un sondage jeudi par la chaîne de télévision d’information en continu N24.

Source : AFP

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