Alternative au tarif électrique BT : les producteurs en serre pressent le gouvernement d’agir

Longueuil (Québec), 31 mai 2002 – « S’ils peuvent maintenant respirer un peu mieux, les producteurs en serre du Québec n’en sont pas moins au bout de leur peine puisqu’ils attendent toujours du gouvernement qu’il donne suite à leur plan de relance en serriculture qu’ils ont déposé en septembre 2001. »

C’est en ces termes que le président du Syndicat des producteurs en serre du Québec (SPSQ), M. André Mousseau, a réagi à la décision de la Régie de l’énergie qui a refusé à Hydro-Québec l’abolition du tarif BT, estimant qu’il était prématuré de modifier cette tarification sans une meilleure connaissance des impacts afférents à un tel changement.

« Ce n’est toutefois que partie remise », estime M. Mousseau, heureux de cette décision mais qui la considère néanmoins comme un sursis. La Régie invite en effet Hydro-Québec à refaire ses devoirs avant de présenter de nouveau une demande, lui recommandant, la prochaine fois, d’explorer les aspects tarifaires et technologiques sous-jacents à une telle modification par un processus de consultation approprié auprès de ses clients.

En dehors du tarif BT ou un équivalent, d’expliquer le président du SPSQ, il est impossible pour les producteurs en serre de se rabattre vers d’autres sources d’énergie moins coûteuses et d’envisager récupérer une hausse de leurs coûts de production dans une hausse des prix, étant donné la vive concurrence. Une augmentation tarifaire mettrait en péril un nombre important d’entreprises, pour la plupart des PME familiales qui procurent de l’emploi en région.

Soulignons que la production serricole québécoise est dans une situation hautement précaire. En 1993, il y avait 1 188 serriculteurs au Québec. En 2 000, il n’en restait que 790. Pendant ce temps, en Ontario, le nombre de producteurs a augmenté de 17 % et la valeur des entreprises s’est accrue de 54 %. Seul le dynamisme des producteurs québécois leur a permis jusqu’ici de maintenir leur niveau de production.

Le SPSQ prend donc prétexte de la décision de la Régie pour revenir à la charge auprès du gouvernement avec sa demande d’une tarification électrique adaptée à la production en serre et accessible à tous les producteurs. Il s’agit d’ailleurs d’un des éléments clés sur lequel repose le plan de relance en serriculture qu’elle a déposé auprès des autorités gouvernementales et dont elle attend toujours les suites.

« Pour nous, la décision de la Régie est non seulement éclairée, de conclure M. Mousseau, mais elle envoie un signal clair à l’endroit du gouvernement pour aller de l’avant par rapport à nos demandes quand elle réfère à la nécessité, pour différents secteurs socio-économiques, de disposer d’une tarification adaptée. La production serricole en fait partie, d’autant plus qu’il s’agit d’un secteur dont le potentiel de développement est largement reconnu ».

Rappelons que le tarif BT est moins élevé que le tarif régulier, facteur d’une grande importance pour la production en serre, grande consommatrice d’énergie électrique, spécialement pour le chauffage et l’éclairage de photosynthèse. La tarification électrique adaptée se révèle en fait le seul avantage comparatif dont dispose ce secteur de production agricole vis-à-vis de la concurrence nord-américaine et mondiale.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Hydro-Québec

http://www.hydro.qc.ca/

Régie de l’énergie

http://www.regie-energie.qc.ca/

Syndicat des producteurs en serre du Québec (SPSQ)

http://www.fihoq.qc.ca/html/spsq.html

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