Analyse du Recensement de l’agriculture de 2001

Ottawa (Ontario), 15 mai 2002 – Le nombre de fermes de recensement au Québec a chuté entre 1996 et 2001, dans le prolongement d’une tendance à long terme.

Le Recensement de l’agriculture de 2001 a dénombré 32 139 fermes de recensement au Québec, ce qui constitue un recul de 10,7 % sur les cinq dernières années, soit le même pourcentage que la moyenne nationale. Au cours des deux dernières décennies, le nombre de fermes québécoises a diminué de 33,2 %, pourcentage supérieur à la moyenne nationale de 22,4 %. (Une ferme de recensement est une exploitation agricole qui produit un produit agricole destiné à la vente.)

Le Québec détenait 13 % des fermes canadiennes en 2001, la même part qu’en 1996. Il se classait quatrième pour le nombre de fermes, derrière la Saskatchewan (50 598). L’Ontario venait au premier rang, avec 59 728 fermes, suivi de l’Alberta, avec 53 652.
Le nombre de fermes a diminué dans chacune des 14 régions agricoles de la province entre 1996 et 2001. La Montérégie avait toujours la plus forte proportion des fermes québécoises, soit près de 24 %. Il s’agit d’une proportion pratiquement inchangée par rapport à 1996. Le Recensement de 2001 a dénombré 7 551 fermes dans cette région, ce qui constitue une baisse de 12,3 %.

La région de Chaudière-Appalaches venait au deuxième rang, avec environ 19 % de toutes les fermes québécoises. Le recensement a dénombré 6 015 fermes dans cette région, soit une baisse de 9,3 %.

Taille des fermes

Depuis 1981, la taille moyenne des fermes québécoises a crû de 35,6 %, passant de 194 acres en 1981 à 263 acres en 2001. Entre 1996 et 2001, la taille moyenne des fermes a augmenté de 11,0 %. La moyenne québécoise était nettement inférieure à la moyenne nationale de 676 acres. La Saskatchewan – dont l’agriculture est surtout dominée par les grandes cultures – avait la plus haute moyenne, soit 1 283 acres.

Au niveau régional, la taille moyenne des fermes en Montérégie a augmenté légèrement pour atteindre 233 acres en 2001, tandis que la superficie agricole totale est demeurée à 1,8 million d’acres. La taille moyenne des fermes a augmenté dans toutes les régions, sauf dans la région de Montréal-Laval. Les 216 fermes de cette région principalement urbaine n’avaient que 85 acres de superficie, en moyenne.

Revenus agricoles

Les revenus agricoles totaux bruts du Québec ont été de 6,1 milliards de dollars en 2000 et les dépenses d’exploitation se sont élevées à 5,1 milliards de dollars. En général, les dépenses ont grimpé un peu plus rapidement que les revenus, même si la situation de chaque agriculteur est différente en raison de facteurs comme les produits qu’ils produisent, les prix qu’ils ont reçus et les conditions climatiques qui les ont touchés. Cinq ans plus tôt, aux prix de 1995, les revenus étaient de 5,0 milliards de dollars et les dépenses, de 4,0 milliards de dollars. (Le Recensement de 2001 a recueilli des renseignements sur les revenus bruts et les dépenses pour 2000.)

Au cours de la période de cinq ans, les prix que les agriculteurs ont reçus pour leurs produits ont augmenté de 7,3 %, tandis que les prix qu’ils ont payés pour les dépenses telles que les engrais et les carburants ont crû de 8,7 %. Aux prises avec l’augmentation des coûts relatifs, les agriculteurs ont dû accroître leur productivité agricole afin de maintenir le ratio des revenus aux dépenses favorable.

En 2000, au Québec, le ratio des dépenses d’exploitation aux revenus agricoles bruts était de 0,83:1, c’est﷓à-dire que les dépenses d’exploitation ont été de 83 cents par dollar de revenus agricoles bruts. Par comparaison, en 1995, le ratio des dépenses aux revenus bruts était de 0,80:1. (Les données sur les dépenses recueillies au recensement ne comprennent pas l’amortissement.)

Entre 1995 et 2000, seules les exploitations agricoles ayant des revenus bruts de 250 000 $ ou plus ont vu leur nombre croître. Un total de 6 375 fermes ont déclaré ce niveau de revenus bruts pour 2000, soit 29,7 % de plus qu’en 1995. Elles représentaient 20 % de l’ensemble des fermes du Québec, mais elles rapportaient 70 % des revenus agricoles totaux bruts déclarés pour la province pour l’an 2000.

Genre de ferme

Les fermes laitières demeurent le genre de ferme le plus courant au Québec. Cependant, leur part du total a subi une forte chute depuis deux décennies.

En 1981, les fermes laitières représentaient près de la moitié (41,3 %) du total de 48 144 fermes. En 2001, leur nombre était passé à 8 614, soit un peu plus du quart du total.

Le Québec détient encore le plus grand nombre de vaches laitières parmi les provinces. Les agriculteurs ont déclaré 407 206 vaches laitières dans leurs fermes en 2001, soit 13,7 % de moins qu’en 1996, ce qui constitue le plus net recul parmi les provinces. En 1981, les agriculteurs québécois avaient 705 935 vaches laitières.

Utilisation de l’ordinateur

Les fermes utilisant un ordinateur formaient 47,7 % du total au Québec, ce qui représente aussi la plus forte proportion au pays. La moyenne nationale était de 39,4 %. En 1986, seulement 2 % des fermes utilisaient un ordinateur. Il s’agissait d’une proportion semblable à la moyenne nationale d’environ 3 %.

La vaste majorité (85 %) des fermes déclarant un ordinateur l’ont utilisé pour la tenue des livres. Environ 62 % des fermes ont déclaré utiliser Internet.

L’utilisation de l’ordinateur était plus fréquente dans les fermes ayant des ventes plus élevées. Les trois quarts des fermes dont les ventes ont dépassé 250 000 $ ont dit utiliser un ordinateur, comparativement à seulement 27 % de celles dont les ventes étaient inférieures à 25 000 $.

Agriculture biologique

Pour la première fois, les agriculteurs pouvaient déclarer au recensement qu’ils produisaient des produits certifiés biologiques. (Au Canada, l’agriculteur qui désire la « certification biologique » doit en faire la demande à un organisme certificateur reconnu.)

Le recensement a dénombré 372 fermes québécoises qui étaient certifiées biologiques, soit un peu plus de 1,2 % des fermes de la province. Le Québec venait au troisième rang pour ces fermes, précédé de la Saskatchewan et de l’Ontario. Au niveau national, 2 230 fermes ont déclaré des produits certifiés biologiques.

De ces fermes québécoises, 4 sur 10 ont déclaré produire un « autre » produit certifié biologique, principalement des produits de l’érable. La deuxième catégorie était celle des fruits, légumes ou produits de serre.

Autres faits saillants de l’agriculture québécoise :

  • Le Québec demeure le premier producteur de porcs au pays. En 2001, il y a eu une augmentation de 23,9 % du nombre de porcs élevés, passant de 3,4 millions en 1996 à 4,3 millions. La Montérégie comptait 1,4 million de porcs. Il s’agit du plus grand nombre au Québec.
  • Le Québec est de loin le plus grand producteur de sirop d’érable. Il intervient pour 91 % du total national, avec 30 695 200 entailles. Le niveau québécois a augmenté de plus de 10 millions d’entailles depuis 1996. En 1981, il n’y avait que 15 797 674 entailles, soit la moitié du niveau actuel. La région de Chaudière-Appalaches demeure la première région productrice du Québec en 2001, avec 12 073 637 entailles d’érables. Les régions de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent ont connu la plus forte augmentation du nombre d’entailles d’érables.
  • La superficie de maïs-grain est passée de 819 833 acres en 1996 à 1 076 578 acres en 2001, soit une augmentation de 31,3 %, ce qui prolonge une tendance à long terme. En 1981, le Québec n’a produit que 408 827 acres de maïs-grain. Le nombre de fermes produisant du maïs-grain est passé de 6 783 en 1996 à 7 656 en 2001.
  • Le Québec est le deuxième producteur de soja au pays, y ayant consacré 365 888 acres en 2001. Il s’agit d’une augmentation par rapport aux 238 934 acres enregistrées en 1996, et de plus de 100 fois plus que les 3 555 acres en 1981.
  • Le Québec vient au deuxième rang pour la superficie totale de légumes, derrière l’Ontario. Le Québec avait un tiers des 330 752 acres de légumes au Canada.
  • Le Québec est la troisième province productrice de moutons. En 2001, il avait 254 053 moutons dans 1 366 fermes. Il s’agit d’une augmentation de 67,6 % par rapport à 1996, à comparer à une augmentation de 46,0 % à l’échelle nationale. Le Canada comptait 1 262 448 moutons en 2001.
  • Les agriculteurs québécois avaient 15 813 chevreuils dans leurs fermes en 2001, comparativement à 7 586 en 1996, ce qui fait du Québec le premier producteur de chevreuils. En 1996, il occupait le cinquième rang.
    Statistique Canada remercie la collectivité agricole du Québec de sa participation au Recensement de l’agriculture de 2001.

    On trouvera un portrait statistique complet de l’agriculture canadienne dans Le Quotidien, le bulletin de diffusion officiel du Bureau, en consultant le site Web de Statistique Canada.

    Ce communiqué de presse présente des données au niveau provincial, au niveau des régions agricoles de recensement (RAR) et au niveau des divisions de recensement (DR). Les données au niveau géographique le plus fin, les subdivisions de recensement unifiées (SRU) seront disponibles le 12 juin 2002.

    Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

    Statistiques Canada

    http://www.statcan.ca/

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