Approche centralisatrice du fédéral en agriculture : les producteurs s’opposent

Longueuil (Québec), 30 janvier 2003 – « Les producteurs de l’ensemble du pays font front commun pour dénoncer l’approche centralisatrice du gouvernement fédéral en matière de gestion des risques agricoles. » C’est ce
que déclarait Laurent Pellerin, président de l’Union des
producteurs agricoles, qui joint sa voix à celle des 21 autres organismes
agricoles provinciaux, nationaux et interprovinciaux du pays.

En effet, le gouvernement canadien s’apprête à implanter un programme

unique à l’échelle du pays, et ce, en dépit des engagements et des
recommandations du groupe de travail mis en place par le Premier Ministre lui-
même, présidé par le député de Haldimand-Norfolk-Brant, M. Bob Speller. Dans
un document d’information rendu public avant-hier par Agriculture et
Agroalimentaire Canada, le gouvernement affirme qu’il est sage de cesser de
financer les programmes provinciaux en invoquant, entre autres choses, que ces
derniers ne respectent pas les exigences du commerce et parce que le fédéral
ne retire que peu de visibilité de ces programmes qu’il soutient.

Or, le Québec jouit de solides outils financiers (CSRA – Compte de
stabilisation du revenu agricole, ASRAC – Assurance stabilisation des revenus
agricoles complémentaires) qu’il a développés récemment dans le cadre d’une
refonte complète de ceux-ci, en partenariat entre le gouvernement et les

producteurs agricoles du Québec, et qui a mené à la création de la Financière
agricole du Québec. Contrairement aux allégations du fédéral, rappelons que
l’ASRA a passé le test de conformité en matière de droits compensatoires sur
les viandes devant le panel de l’ALENA. De plus, la refonte québécoise des
outils financiers visait notamment à rendre nos programmes conformes aux
nouvelles règles du commerce international.

« Il n’est pas question, pour un objectif de visibilité, de mettre en
péril ces programmes, d’ailleurs très bien administrés par la Financière
agricole du Québec, souligne M. Pellerin. Les programmes de gestion des
risques du fédéral devront laisser la flexibilité nécessaire au Québec pour
les adapter à ses spécificités et agir en complémentarité et en synergie avec
nos outils financiers ».

Rappelons que, selon l’accord de Whitehorse de juin 2001 intervenu entre
les ministères fédéral, provinciaux et régionaux de l’agriculture dans un
projet de plan d’action national en matière agricole, le gouvernement canadien
reconnaissait clairement la nécessité de développer les nouvelles politiques
en partenariat avec les producteurs, de conserver une souplesse dans
l’application régionale des programmes et de respecter les compétences et
responsabilités de chacun. Selon Monsieur Pellerin, « il est clair
qu’Agriculture et Agroalimentaire Canada n’a pas tenu compte des consultations
faites à l’échelle du pays lorsqu’il a élaboré son Cadre stratégique
agricole ».

A la veille d’une rencontre fédérale provinciale des ministres de
l’agriculture, qui se tiendra le vendredi 31 janvier prochain à Toronto, les
producteurs de tout le Canada demeurent confiants que le bon sens va
prévaloir. « Nous pensons qu’il est encore temps pour le fédéral de revoir ses
propositions et de revenir à l’esprit du plan d’action initial. A l’instar de
la Fédération canadienne de l’agriculture, nous demandons au ministre fédéral
de l’agriculture de repousser d’un an la date butoir du 1er avril 2003 qu’il a
fixée pour la mise en place des nouveaux programmes. Le gouvernement devrait
prolonger les programmes actuels de gestion du risque pour l’ensemble du
Canada et reprendre les discussions avec les producteurs. Et, ainsi, nous
pourrons revenir, souhaitons-le, à l’esprit de Whitehorse », de conclure
Laurent Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

La Financière agricole du Québec

http://www.financiereagricole.qc.ca

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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