Après quarante ans de communisme, le renouveau des vins hongrois

Budapest (Hongrie), 24 août 2001 – Face à la Slovaquie, sur des coteaux ensoleillés surplombant une courbe majestueuse du Danube, les vignes de Neszmely font à nouveau la fierté des vins hongrois après quarante ans de parenthèse communiste.

La commune, située à 70 km à l’Ouest de Budapest, ne compte que quelques milliers d’habitants mais assure plus de 35% des exportations viticoles du pays d’Europe centrale.

Célèbres dès le Moyen-Age, les blancs de Neszmely n’ont plus été produits pendant la 2ème Guerre mondiale et, par la suite, les vendanges n’ont pas été vinifiées sur place pendant les quarante années de régime communiste.

« Nous faisions du vin depuis des siècles mais pendant l’ère communiste, personne ne voulait acheter nos crus », explique Gyoergy Kucher qui possède plusieurs hectares de vignes à Neszmely.

« Les grosses coopératives d’Etat ne produisaient alors que du jus de raisin qui était exporté vers les pays de l’Est, surtout en Russie », ajoute-t-il.

« Des vestiges archéologiques celtes prouvent que la vigne était déjà cultivée ici bien avant les Romains », affirme Jozsef Laposa, un expert en viticulture de la région de Csopak, au bord du lac Balaton (ouest).

Sous les nobles villas du 19e siècle souvent coiffées de nids de cigognes, les riesling, les chardonnay et les sauvignon blanc sont gardés dans des caves profondes creusées à flanc de rocher.

Le « Hilltop Neszmely », un domaine viticole de 350 hectares (ha) qui a eu des critiques élogieuses dans la presse internationale, en exporte huit à neuf millions de bouteilles par an alors que ses crus sont presque inconnus dans le pays.

« Les gens n’ont pas encore l’argent pour s’offrir une bonne bouteille de vin qui coûte plus de 1000 forints (4 euros), le pays regorge encore de vins en ballons de plastiques à un euro le litre », assure la directrice de « Hilltop Neszmely », Eva Kereszturi, qui affirme vouloir porter à 700 ha son domaine. C’est cette faiblesse du pouvoir d’achat hongrois qui explique que les ventes domestiques atteignent à peine 350 000 bouteilles/an.

L’ensemble de la viticulture hongroise connait actuellement un renouveau, indique-t-on de sources professionnelles. Toutes les grandes régions viticoles du pays, tous les gros producteurs ou distributeurs ont un site internet. De plus, le gouvernement fait un effort pour promouvoir les vins hongrois non seulement à l’étranger mais également auprès des Hongrois eux-mêmes.

« Les circuits de dégustation sont de plus en plus populaires. A côté des Allemands et des Autrichiens, de plus en plus de Hongrois visitent les caves du pays », affirme Andras Csizmadia, oenologue et professeur à l’Ecole supérieure d’hôtellerie et de tourisme de Budapest.

Selon la presse professionnelle, de plus en plus forte et diversifiée, les vignerons hongrois n’ont pas à se plaindre. « Les producteurs peuvent être satisfaits de la troisième bonne année consécutive depuis 1998 », affirme Andras Urban, président du Conseil général des communes viticoles (HNT), organe de supervision de la production de vins, qui dépend du ministère de l’Agriculture. « Cette année, la production de la Hongrie atteindra les 5 millions d’hectolitres, soit 20% de plus qu’en 2000 ».

Source : AFP

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