Bénéfice en hausse chez Monsanto

Missouri (États-Unis), 5 février 2003 – Il ressort des résultats publiés par Monsanto pour le quatrième trimestre 2002 que ses ventes de spécialités de semences ont permis de compenser la faiblesse persistante de ses résultats dans les herbicides et les difficultés rencontrées en Amérique latine.

Le groupe d’agrochimie, qui produit l’herbicide Roundup et gère un pôle mondial de semences et cultures biotechnologiques, a souligné que ses résultats trimestriels reflétaient ses efforts de recentrage sur les ventes de semences et les nouvelles technologies agricoles.

Le groupe du Missouri a fait état d’un bénéfice trimestriel net de 61 millions de dollars, contre une perte de 104 millions un an plus tôt, et d’un bénéfice dilué par action de 23 cents à comparer à une perte de 40 cents.

Les analystes s’attendaient en moyenne à un bénéfice de 29 cents par action pour le trimestre, selon les prévisions réunies par Thomson First Call.

Le chiffre d’affaires trimestriel a augmenté de 1% à 1,2 milliard de dollars.

Monsanto a précisé que le résultat trimestriel tenait compte de charges de restructuration de 20 millions de dollars, soit 8 cents par action, contre des charges de même nature de 86 millions, soit 15 cents par action, sur la période correspondante de 2001.

Afin de limiter ses coûts sur les trois mois à fin décembre, le groupe a réduit de six pour cent ses dépenses de recherche et développement et de 13% ses dépenses de commercialisation et ses frais généraux.

Prévisions en-deça des attentes du marché

En publiant ces résultats, Monsanto a par ailleurs avancé de nouvelles prévisions pour l’exercice 2003, disant attendre maintenant un bénéfice dans une fourchette de 1,20 à 1,40 dollar par action et compter générer un cash flow de l’ordre de 350 à 400 millions.

Cette projection de résultat est inférieure aux attentes des analystes qui, selon la société spécialisée Thomson First Call, tablaient en moyenne sur 1,43 dollar par action.

Le groupe s’attend à ce que la poursuite de la progression des bénéfices tirés des semences et des technologies de culture permette de compenser une baisse attendue des revenus bruts tirés du Roundup.

En outre, il estime que les mesures prises pour réduire les risques de crédit liés à ses activités en Amérique latine devraient l’aider à « réaliser de bons résultats » cette année.

« Nous avons mis en oeuvre avec nos clients en 2002 un plan visant à réduire le risque qu’impliquent des activités en Amérique latine et nous sommes bien placés pour retrouver une exploitation plus normale dans cette partie du monde », a dit Frank V. AtLee, le président du conseil d’administration de Monsanto, qui assure également l« intérim de la direction générale.

Monsanto a connu une fin d’année 2002 très agitée, marquée surtout par la démission inattendue de son directeur général Hendrik A. Verfaillie en décembre.

Cette démission est intervenue après la révison en baisse par Monsanto en octobre de ses prévisions de résultats 2002, sans fournir de projection sur 2003, en raison de la persistance des troubles en Argentine, de la sècheresse dans les régions céréalières de la « farm belt » américaine et de la baisse de ses ventes de Roundup.

Le groupe n’ayant toujours pas trouvé de successeur à Verfaillie, ce qui ne manque pas de susciter de sérieuses interrogations dans les milieux d’affaires et parmi les investisseurs sur l’avenir de l’entreprise.

De l’avis de John Roberts, de Buckingham Research, Monsanto aura fort à faire pour retrouver la confiance des investisseurs, cet analyste soulignant que « nombre de questions restent en suspens, en premier lieu celle de la direction du groupe ».

En fin de matinée, l’action Monsanto se repliait de 1,76%, à 17,34 dollars, au New York Stock Exchange. /JYC/CA

Source : Reuters

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Monsanto

http://www.monsanto.com/

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