Ligne de temps

Compter ses succès d’implantation fourragère

Texte de Dominique Jobin*
DSC_2504En cette saison de deuxième coupe des prairies, c’est aussi, en principe, la première coupe des semis purs. Le semis pur est, selon moi, la meilleure façon d’ensemencer les fourragères et cela consiste à semer les petites graines sans plante-abri.

Ainsi, en juillet, on constate la réussite de l’implantation pure en fauchant en même temps que les autres champs de deuxième coupe. C’est-à-dire que si l’implantation a été un succès, vous devriez avoir une très belle coupe de fourrages à tige très fine provenant des semis purs.

Mais pour réussir de telles implantations, il faut s’assurer d’un minimum de compétition par les mauvaises herbes et cela commence l’année précédente (j’y reviendrai plus loin). L’avantage du semis pur réside dans sa capacité d’implanter un maximum de plants au pied carré. Et le succès de l’implantation des plantes fourragères est dans la densité et l’uniformité.

L’année du semis, il devrait émerger au printemps un minimum de 30 à 45 plantules au pied carré. Au final, le maximum de rendement sera atteint avec au moins 55 tiges de luzerne au pied carré (pour les mélanges à dominance de luzerne). Ainsi, pendant la deuxième coupe, c’est le temps de compter ses succès!

Pour y arriver, il est important de prévenir les échappés de mauvaises herbes difficiles telles que la stellaire moyenne, la spargoute des champs, l’ortie royale, le gaillet, le tabouret des champs, la matricaire maritime, le pied-de-coq et les sétaires. Lorsqu’elles ont l’occasion de s’implanter, elles envahissent très sérieusement le champ de plantes fourragères.

Qui plus est, les herbicides homologués pour les mélanges de graminées et légumineuses fourragères ne sont que peu efficaces à contrôler ces mauvaises herbes coriaces. Une forte infestation obligera le producteur à procéder à une fauche hâtive de nettoyage de son champ nouvellement semé et retardera donc la première vraie coupe qui servira à nourrir les animaux…

Dans les régions plus à l’est, c’est carrément la récolte qui est compromise car la courte saison de croissance ne laisse que peu de temps aux plantes fourragères pour s’implanter solidement. Dans ces régions, la plante abri reste encore très populaire.

Par ordre d’importance, les implantations qui donnent le plus de densité et d’uniformité sont avant tout les semis purs, ensuite la plante abri récoltée en vert (avoine fourragère), plus difficilement, les plantes accompagnatrices (ray-grass, millet japonais, sorgho) et enfin les plantes abris récoltées en grain.

Le plus grand des succès se compte le printemps suivant avec des comptages de 15 plants de luzerne au pied carré. C’est seulement avec ce niveau de densité que l’on peut espérer des rendements de 9 à 15 tonnes métriques de matière sèche à l’hectare selon la région.

Bonne deuxième coupe!

* Dominique Jobin, technologue, Directeur régional Québec nord-est, William Houde, réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères : http://www.cqpf.ca/.

à propos de l'auteur

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