Contamination du soja par du mais transgénique à usage pharmaceutique

Montréal (Québec), 15 novembre 2002- Greenpeace exige l’arrêt immédiat de la
dissémination dans l’environnement de cultures transgéniques à usage
pharmaceutique. Le 13 novembre dernier, on a découvert dans l’état du Nebraska
aux États-Unis, qu’un mais génétiquement modifié pour produire une protéine
pharmaceutique a contaminé environ 500 000 boisseaux de soja destinés à la
consommation humaine et/ou animale. Il s’agit de la trypsine, une enzyme

utilisée notamment dans la fabrication de l’insuline pour le traitement du
diabète. Le ministère de l’Agriculture des Etats-Unis (USDA) doit retirer ce
soja de la chaîne alimentaire.

L’entreprise ProdiGene qui a produit cette protéine pharmaceutique n’en
est pas à son premier faux pas. C’est la deuxième fois, en trois mois, qu’elle
contamine des cultures. En septembre dernier, ProdiGene a été forcée de
détruire 155 acres (environ 62 hectares) de mais non transgénique dans l’Iowa,
à la suite d’une pollinisation possible avec le fameux mais transgénique
pharmaceutique. Au Canada, ProdiGene a fait des pressions auprès de l’Agence
canadienne d’inspection des aliments (ACIA) pour qu’elle « allège » le processus
d’autorisation des essais en champs pour des cultures pharmaceutiques
génétiquement modifiées. D’autres entreprises biopharmaceutiques font
activement la promotion de cultures transgéniques pharmaceutiques au
Canada(*).

« Ceci démontre une nouvelle fois qu’il est impossible d’éviter une
contamination par des plantes génétiquement modifiées une fois disséminée dans
l’environnement », déclare Eric Darier, responsable de la campagne OGM pour
Greenpeace. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un nombre limité d’essais en
champs et ceci ne se compare pas avec les ambitions des entreprises
biotechnologiques pour l’avenir. L’ACIA devrait immédiatement interdire la
dissémination des plantes biopharmaceutiques dans l’environnement.

Au Canada, six essais en champs de plantes transgéniques pharmaceutiques
ont été autorisés par l’ACIA en 2002. Le gouvernement fédéral refuse de
divulguer des informations sur les lieux et les types de plantes qui sont
testées. Greenpeace attend toujours une réponse à une demande d’accès à
l’information déposée en mai dernier. Les entreprises de la biotechnologie
pharmaceutique et/ou industrielle ont déjà modifié du riz, du blé, du mais et

de l’orge.

« Les agriculteurs, les entreprises agroalimentaires, les détaillants et
les consommateurs devraient être très préoccupés par ces essais en champs.
Puisqu’il posent de sérieux risques pour la santé humaine et la sécurité de la
chaîne alimentaire de même que pour l’environnement », de conclure Eric Darier.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA)

http://www.cfia-acia.agr.ca/

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

United States Department of Agriculture (USDA)

http://www.usda.gov/

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