Contamination génétique du maïs au Mexique : des ONG font appel à la Commission de coopération environnementale de l’ALENA

Montréal (Québec), 24 avril 2002 ­ Des communautés autochtones du Mexique,
appuyées par Greenpeace et des organisations environnementales locales, ont
déposé une requête auprès de la Commission de coopération environnementale (CCE) de l’ALENA, dont le siège social est à Montréal. Les groupes demandent que la CCE fasse un rapport sur les dommages causés à la biodiversité résultant de la contamination des variétés locales par le maïs transgénique. Contamination qui a été confirmée, il y a six mois.

Une réponse positive de la CCE forcerait les gouvernements américains et
mexicains à prendre des mesures pour prévenir la pollution génétique qui
sévit actuellement dans la province mexicaine d’Oaxaca. Plus de 300
variétés de maïs locals et sauvages sont menacées par la contamination
génétique qui provient probablement du maïs transgénique importé des États-
unis. Le rapport de la CCE devrait porter sur les impacts de la
contamination génétique du maïs sur la biodiversité et expliquer comment
des variétés locales et sauvages ont été contaminées par des plantes
transgéniques et faire des recommandations pour prévenir des contaminations
futures.

Miguel Ramírez Domínguez, président du Commissariat à la propriété commune
des communautés autochtones de Capulalpan, de Méndez, d’Ixtlán et d’Oaxaca

déclare : « Nous exigeons une enquête approfondie sur les conséquences de
la contaminaiton génétique du maïs mexicain local et sauvage et nous
exigeons des mesures efficaces de prévention. L’enquête devrait être faite
par une organisation indépendante et crédible comme la CCE. Cette
contamination génétique concerne non seulement le Méxique mais menace aussi
la sécurité alimentaire de la planète car les agriculteurs comptent sur les
ressources génétiques existantes pour créer de nouvelles variétés adaptées
à diverses conditions environnementales. » M. Dominguez a pris la parole
lors de la réunion des parties du Protocole sur la biosécurité des Nations
unies qui a lieu en ce moment à la Haye (Pays-Bas). Le Canada viole le
principe de précaution inclu dans le Protocole sur la biosécurité en ne
forçant pas les entreprises de la biotechnologie de prouver l’innocuité des
OGM avant leur dissémination dans l’environnement. En fait, le Canada n’a
pas encore ratifié le Protocole sur la biosécurité.

Le responsable de la campagne OGM pour Greenpeace, Dr. Éric Darier,
affirme que la contamination au Mexique est une raison de plus pour que le
gouvernement fédéral resserre ses normes dans le dossier des OGM. « Le
Canada a déjà été contaminé par le maïs StarLink maintenant c’est la
province d’Oaxaca au Mexique qui subit une contamination génétique
inquiétante. Les gouvernements, dont le gouvernement canadien, doivent
interdir la dissémination des OGM dans l’environnement et procéder à des
études indépendantes sur les conséquences qui pourraient être
catastrophiques ».

En septembre dernier, le gouvernement mexicain a confirmé la contamination
génétique des variétés locales de maïs dans 15 des 22 communautés testées
dans les provinces d’Oaxaca et de Puebla. Des informations récentes
provenant du gouvernement indiquent des niveaux encore plus élevés de
contamination. Ceci est la première contamination d’un centre de
biodiversité et d’une des principales plantes nourricières dans le monde. À
cause des risques du maïs transgénique pour la biodiversité des plantes
locales et sauvages, dès 1998, le Mexique avait déjà interdit les tests en
champs et la culture commerciale des OGM. Cependant près de 6 millions de
tonnes de maïs utilisés pour l’alimentation humaine et animale sont
importées des États-Unis et environ 25 % de ce maïs est transgénique.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission nord-américaine de coopération environnementale (CCE)

http://www.cec.org/

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

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