Contre-sommet des ONG à Rome pour défendre la « souveraineté alimentaire »

Rome (Italie), 21 mai 2002 – Une centaine d’organisations non gouvernementales (ONG) organisent du 9 au 13 juin à Rome un « forum pour la souveraineté alimentaire », parallèlement au sommet sur la faim de la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation.

Ce contre-sommet réunira 600 délégués du monde entier d’ONG spécialisées dans les questions agricoles, syndicales ou la défense des populations indigènes au Palais des Congrès de Rome.

Le sommet de la FAO, qui regroupe quelques 180 Etats membres, se déroulera du 10 au 13 juin au siège de l’organisation.

Le coup d’envoi sera donné le samedi 8 juin par une marche dans Rome « avec des milliers de participants », a indiqué à l’AFP Simone Ramella, porte-parole du comité italien organisateur.

Le comité part du constat du manque d’avancées de la communauté internationale entre 1996 et 2002 dans la lutte contre la faim, alors que la prise de conscience citoyenne du problème augmente.

« Nous demandons qu’au lieu de faire des interventions focalisées sur l’aide humanitaire, que le principe de la souveraineté alimentaire soit appliqué », a expliqué M. Ramella.

« Vu que les politiques décidées lors du dernier sommet mondial de la FAO en 1996 n’ont pas porté leurs fruits, nous espérons que les mêmes recettes ne seront pas resservies et que quelque chose de différent sortira du sommet de la FAO », a-t-il ajouté.

Le comité organisateur définit la souveraineté alimentaire comme « le droit à définir ses propres politiques (…) de production et de consommation des aliments ». Cette souveraineté doit garantir le droit de tous à manger, à accéder et à contrôler les ressources de base comme la terre, l’eau, le patrimoine génétique ou le crédit, et respecter les différentes cultures et méthodes paysannes.

Le contre-sommet demandera en particulier un moratoire international sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), une politique agricole commune européenne mettant l’accent sur les ressources endogènes, et le respect des équilibres écologiques, de la biodiversité ou du bien-être animal.

Le contre-sommet remettra aussi en cause l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en proposant, selon les organisateurs, que les questions agricoles et alimentaires soient traitées ailleurs. Le but est de revaloriser le rôle de la FAO et de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED).

Les participants demanderont aux pays membres de la FAO de refuser la guerre, source d’insécurité alimentaire, et le recours à des embargos affamant les populations.

De nombreux ateliers de travail sont prévus et pour les animer, ont été invités l’économiste Jeremy Rifkin ou encore la militante malaisienne Sarojeni Rengam. Son association « Pesticide Action Network » oeuvre dans le domaine des politiques rurales et contre la discrimination des femmes en Asie.

Le leader syndical agricole français José Bosé pourrait aussi participer au forum des ONG, sous réserve de son éventuelle incarcération en France. Le militant anti-mondialisation y a été condamné à trois mois de prison à la suite des dégradations d’un restaurant McDonald’s.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

http://www.fao.org

Commentaires