D’avantage de pesticides dans les fruits et légumes en Europe

Paris (France), 23 mai 2002 – Les fruits et légumes testés en Europe en 2000 présentent davantage de résidus de pesticides qu’en 1999, selon les résultats de l’étude annuelle de la Direction de la santé de la Commission européenne.

Au total, 40,2% des échantillons analysés en 2000 présentent des résidus de pesticides, en nette augmentation par rapport aux 36,3% de 1999.

En moyenne, 151 pesticides différents (herbicides, insecticides et fongicides) ont été recherchés dans 45.000 échantillons de fruits, légumes et céréales dans les pays de l’Union européenne, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein.

Seulement 60% des échantillons sont indemnes de toute trace de pesticide, contre 64% en 1999.

Sur les 40,2% qui présentent des résidus, 36% se situent en dessous des normes légales (Limites maximales en résidus) contre 32% en 1999, et 4,2% dépassent les seuils réglementaires (4,3% en 1999).

Les résultats pour la France font apparaître des niveaux supérieurs à la moyenne européenne. 54,4% des fruits, légumes et céréales analysés en 2000 en France contiennent des résidus de pesticides, contre 49,3% en 1999.

Pour 47% des produits contaminés, les doses sont inférieures aux normes mais 7,7% présentent des doses supérieures aux normes légales (8,3% en 1999). 45% des produits sont exempts de traces de pesticides, contre 60% pour la moyenne européenne.

« La France est avec les Pays-Bas le pays d’Europe où les aliments d’origine végétale sont les plus contaminés », observe François Veillerette, président de l’association Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures, qui milite pour une réduction des pesticides dans l’agriculture.

Les industriels des pesticides soulignent que les limites maximales en résidus sont des limites réglementaires, qui « ne signifient pas un risque pour la santé ». L’Union des industries de la protection des plantes reconnaît toutefois qu’un dépassement « nous renseigne sur un non-respect des conditions d’emploi des produits »: trop d’applications, des délais avant récolte trop courts.

La France est le premier utilisateur européen de pesticides et le numéro trois mondial, derrière les Etats-Unis et le Japon.

L’étude européenne constate que pour toute l’Europe, les dépassements de limites vont plutôt croissant depuis cinq ans, mais relativise ces mauvais résultats. Selon elle, les outils d’analyse sont de plus en plus performants, et plusieurs pays ciblent dans leurs tests les produits « à risque », ce qui alourdit les résultats.

Les effets des pesticides pour la santé (cancers, fertilité masculine, troubles du système endocrinien) sont suffisamment sérieux pour que la Commission européenne ait engagé la révision de la liste de toutes les substances anciennes.

Source : AFP

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