De nombreuses inconnues subsistent au sujet des OGM

Rome (Italie), 10 juin 2002 – Les organismes génétiquement modifiés (OGM), dénoncés par les organisations non gouvernementales (ONG) et recommandés par la FAO dans un cadre maîtrisé, suscitent nombre d’interrogations, tant au sujet de leurs avantages possibles que de leurs éventuels effets pervers.

L’exploitation de produits issus de la biotechnologie, susceptible d’accroître le rendement des récoltes et de réduire les coûts de production, comprend de nombreuses avancées potentielles.

Parmi les projections positives citées par la FAO (organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), figure l’amélioration de la valeur nutritionnelle des aliments de grande consommation. « Des gènes peuvent par exemple être insérés dans le riz pour qu’il produise du béta-carotène. L’organisme le transformera en vitamine A, dont la carence peut engendrer la cécité et même la mort chez les jeunes enfants », explique Nuria Urquia, responsable des ressources génétiques à la FAO.

L’amélioration des rendements de l’élevage pourrait constituer un aspect attractif. « Des chercheurs ont modifié le gène qui régule la production d’hormones de croissance dans le tilapia, un poisson d’élevage. Ceci pourrait permettre l’augmentation de la production et de la teneur en protéines des poissons », ajoute-t-elle.

L’absorption accrue de nutriments, actuellement à l’étude, pourrait en outre permettre aux animaux de mieux assimiler le phosphore et donc de réduire la quantité de cette substance dans les déjections animales qui polluent les eaux souterraines.

Egalement citée par la FAO, la mise au point de cultures transgéniques résistant à la sécheresse ou tolérant la salinité. Ces cultures pourraient donc être produites sur des terres jusqu’à présent marginales.

Toutefois, « l’exloitation des OGM contient des risques potentiels dans plusieurs domaines », souligne Mme Urquia.

Bien que les régimes existants de contrôle de l’inocuité des produits soient en cours d’amélioration, ils restent parfois inefficaces. En 2000, par exemple, une variété de maïs génétiquement modifié uniquement agréé pour la consommation animale, a été découverte dans des produits alimentaires destinés à l’homme, expose la FAO dans un communiqué publié lundi à Rome.

Il se peut également que des allergènes soient transférés involontairement d’un organisme existant à un nouveau. Par exemple, lorsqu’un gène de noix du Brésil a été transféré à une variété de soja, on a constaté, lors d’analyses, qu’avait été transféré en même temps un allergène connu. Le lancement sur le marché de cette variété de soja a heureusement pu être empêché à temps.

Autre risque, les cultures modifiées peuvent générer des effets imprévus sur les systèmes agricoles. « Ces produits sont susceptibles d’extraire davantage de ressources du sol ou d’utiliser plus d’eau que pour les cultures normales », ajoute la FAO.

Les gènes introduits de façon artificielle dans une espèce risquent par ailleurs de s’implanter accidentellement dans une autre espèce. La résistance aux herbicides pourrait passer d’une variété génétiquement modifiée aux mauvaises herbes, qui deviendraient alors elles-mêmes résistantes aux herbicides.

De son côté, l’organisation écologiste Greenpeace fustige les cultures d’OGM et leurs répercussions économiques. Axant sa démonstration sur l’exemple argentin – deuxième producteur mondial de produits génétiquement modifiés -, Greenpeace dénonce « le phénomène de concentration des exploitations qui a suivi l’introduction de la culture intensive de soja modifié dans le pays ».

Les grandes exploitations ont ainsi chassé les petits agriculteurs qui ont quitté les campagnes à la fin des années 1990, ajoute Greenpeace.

La FAO indique que chaque pays doit établir ses propres règles en la matière et propose une assistance technique aux Etats. Le Paraguay et Cuba ont déjà émis des demandes en ce sens.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

http://www.fao.org

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