Des adversaires de l’aquiculture songent à poursuivre Victoria et Ottawa

Vancouver (Colombie-Britannique), 25 septembre 2002 – Une coalition de groupes écologistes menace de poursuivre les gouvernements de la Colombie-Britannique et du Canada afin qu’ils mettent un terme à l’aquiculture en milieu marin, soupçonnée de mettre en péril certaines espèces de saumon sauvage.

Dans un rapport rendu public cette semaine, l’Alliance côtière pour la réforme de l’aquiculture allègue que les saumons roses de l’Île de Vancouver ont été décimés par une épidémie de poux aquatiques originaires des « fermes » d’élevage de poissons de la région.

La biologiste Alexandra Morton, qui s’oppose depuis longtemps à l’aquiculture marine, estime qu’il manque trois millions de saumons roses du Pacifique dans les rivières de la province cet automne.

« Il ne reste que 1 pour cent » de la population régulière dans l’archipel de Broughton, soutient-elle.

« Nous savons que les saumons roses peuvent faire des miracles et revenir mais s’ils doivent repasser par les fermes d’aquiculture, alors il n’y a plus d’espoir. Si on en perd encore 99 pour cent, il ne restera rien. »

Selon l’avocate Angela McCue de la Sierra Legal Defense Fund, les menaces des écologistes sont sérieuses. « Un bon nombre de groupes ont fait savoir ce qu’ils attendaient comme solution et si le gouvernement ne réagit pas, alors nous demanderons l’aide du tribunal », a-t-elle dit.

Plusieurs organismes affirment que la réglementation de la Colombie-Britannique en matière d’aquiculture est contraire à la constitution canadienne ainsi qu’à la loi fédérale sur les pêches.

Mais au ministère des Pêches, on met en doute les résultats de la recherche menée par Mme Morton.

Ainsi, Don Noakes, responsable de l’aquiculture à la Station biologique du Pacifique, à Nanaïmo, explique que le gouvernement a mené sa propre enquête sur l’épidémie de poux aquatiques l’an dernier.

« Nous avons fait notre échantillonage, et les saumons que nous avons trouvé avaient relativement peu de poux, a-t-il déclaré. A notre avis, le nombre de poux est plutôt bas et les saumons sont relativement en santé. »

Par ailleurs, au ministère provincial de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Pêcheries, la porte-parole Barb Wright a déclaré attendre les statistiques du gouvernement fédéral sur le taux de retour des saumons dans leurs rivières de frai avant de se prononcer. Il se pourrait que les poissons soient une peu en retard, a-t-elle dit.

Les experts des deux paliers de gouvernement n’ont jamais découvert de corrélation entre l’aquiculture, les poux aquatiques et leurs effets sur les populations de saumon, a-t-elle ajouté.

Source : Presse Canadienne

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