Des porcelets clonés pourraient bientôt faciliter les greffes de tissu porcin sur l’homme

Londres (Angleterre), 23 août 2002 – Des scientifiques ont annoncé avoir cloné des porcelets génétiquement modifiés, privé de la copie des deux gènes à l’origine du rejet par les organismes humains des greffes de tissu porcin. Cette découverte représente une réelle avancée dans l’optique d’une « réserve d’organes » pour des humains malades attendant une greffe de coeur, de poumons, de foie ou de reins.

La société écossaise PPL Therapeutics plc., qui avait participé au clonage de la brebis Dolly en 1997, le premier mammifère cloné à partir de cellules adultes, a annoncé que quatre porcelets en bonne santé et porteurs de cette manipulation génétique étaient nés le 25 juillet 2002 au sein de sa filiale américaine, basée à Blacksburg (Virginie). Un cinquième porcelet est mort rapidement après la naissance sans cause apparente, a-t-elle fait savoir.

« Cette avancée renforce l’espoir de résoudre le problème mondial du manque d’organes et de cellules à transplanter », a déclaré David Ayares, vice-président du département recherche de la filiale américaine de PPL Therapeutics Inc.

Visés, les deux copies du gène responsable de la production sur les cellules porcines d’un sucre, l’alpha-1-galactose (GGTA1), que combat farouchement le système immunitaire humain. C’est à cause de ce sucre, que le corps humain identifie comme une bactérie, que tout organe porcin greffé sur un humain est rejeté en quelques heures.

En janvier, PPL Therapeutics et son concurrent, la société Immerge BioTherapeutics, avaient annoncé avoir obtenu des porcelets à qui manquait une seule copie de ce gène, le gène GGTA1.

Pour engendrer leurs porcelets, les deux équipes américaines ont prélevé des cellules foetales qu’ils ont manipulées afin d’éliminer ces deux copies. Cette greffe baptisée xenogreffe, qui n’est pas sans poser de nombreuses questions scientifiques et éthiques, pourrait, selon eux, être réalisable d’ici sept à dix ans.

A l’heure actuelle, personne ne sait si les porcs peuvent survivre privés du gène de l’alpha-1-galactose. Si c’était le cas, les animaux pourraient alors servir de réservoir d’organes. Les chercheurs auront à le vérifier préalablement en transplantant les organes porcins sur d’autres animaux, notamment sur des babouins.

Autre sujet d’inquiétude pour les scientifiques, la possibilité de transmission à l’homme de virus porcins dangereux, capables notamment de se propager de l’organe greffé aux organes voisins.

Source : AP

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