Dissensions entre les États-Unis et l’Europe sur l’acier et les subventions agricoles

Washington (États-Unis), 21 mai 2002 – Le représentant américain en charge des relations commerciales avec l’Europe a critiqué l’attitude de son homologue européen sur l’attribution par les États-Unis de subventions aux secteurs de l’agriculture et de l’acier, deux domaines qui menacent de provoquer une guerre commerciale entre les deux continents.

Robert Zoellick a défendu mardi la position de George Bush sur l’imposition de tarifs de douane supérieurs à 30 pour-cent sur les importations d’acier afin de protéger la métallurgie américaine. Il a également appuyé la décision prise la semaine dernière par le président américain d’augmenter largement les subventions accordées aux agriculteurs américains.

Citant des critiques européennes selon lesquelles ces décisions violent les principes de libre-échange de l’administration américaine, le représentant américain a estimé qu’il était désormais devenu à la mode pour les Européens d’accuser les Etats Unis de protectionnisme.

« Adopter un ton moralisateur est une pause, pas une politique » a déclaré M. Zoellick lors d’un forum économique mondiale à la Chambre de commerce des Etats Unis.

En réponse à ces critiques, le commissaire au commerce européen Pascal Lamy, qui participait à la conférence par liaison satellite, a estimé que seules des prétentions électoralistes en vue des élections au Congres américain en novembre pouvaient justifier l’imposition de tarifs de douanes et l’augmentation des subventions agricoles décidées par le président américain.

« Ces litiges ne découlent pas de la rationalité de l’économie, mais de l’irrationalité de la politique » a déclaré Pascal Lamy.

Selon le représentant européen, les aides accordées par l’administration Bush aux agriculteurs américains rendent plus difficile la politique européenne de réduction des subventions agricoles.

L’Union européenne a menacé d’imposer des sanctions financières de l’ordre de 345 millions de dollars (375,69 millions d’euros) sur les exportations américaines vers l’Europe à partir du mois prochain si le président américain n’offrait aucune compensation sur les tarifs de douanes élevés sur l’acier.

Source : AP

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