Droits des travailleurs agricoles en Ontario

Ottawa (Ontario), 24 octobre 2002 – La plus grande centrale syndicale au Canada condamne l’obstination du gouvernement de l’Ontario à priver les travailleurs et les travailleuses agricoles de droits fondamentaux internationalement reconnus.

« C’est honteux », a dit Ken Georgetti, président du Congrès du travail du
Canada, dont les 2,5 millions de membres comprennent des travailleurs et
travailleuses agricoles d’autres provinces et les membres des Travailleurs
unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), qui est le syndicat auquel les

travailleurs et les travailleuses agricoles de l’Ontario voudraient adhérer.

Selon M. Georgetti, le projet de loi dont débat le gouvernement
provincial de l’Ontario au sujet du droit des travailleurs et travailleuses
agricoles de se syndiquer prouve indéniablement que ce gouvernement n’a rien
appris du jugement rendu par la Cour suprême l’année dernière. En décembre, la
Cour suprême du Canada a révoqué la loi ontarienne qui interdisait
expressément aux travailleurs et travailleuses agricoles de se syndiquer. La
Cour a indiqué que cette interdiction-là était injustifiée et violait le droit
constitutionnel des travailleurs et travailleuses à la liberté d’association.
Dans le cas précis traité, il s’agissait du droit des travailleurs et
travailleuses d’une usine de champignons de Leamington d’adhérer aux TUAC.

Le projet de loi proposé remplace censément l’interdiction par une
affirmation du droit des travailleurs et travailleuses agricoles de l’Ontario

de former des « associations ».

« La nouvelle loi permet de se réunir pour boire du café ou acheter
ensemble des billets de loterie, mais elle n’assure ni une représentation
valable ni l’accès à des droits au travail fondamentaux qui sont reconnus
internationalement. Ces associations en question n’ont pas les moyens de
représenter leurs membres efficacement, le pouvoir de négocier avec des
employeurs ni la capacité de prendre des moyens de pression au travail, et
elles n’ont aucun recours si l’employeur décide de les ignorer. »

M. Georgetti qualifie le tout de mauvaise farce. Plutôt que de respecter
un jugement de principe de la Cour suprême, le gouvernement de l’Ontario
recourt à de grotesques contorsions juridiques pour le contourner. Si la soi-
disant Loi sur la protection des employés agricoles est adoptée, les
employeurs pourraient encore congédier à leur gré les travailleurs et les

travailleuses en question, ceux-ci n’auraient toujours pas accès à une
protection minimale de leur santé et sécurité au travail, et il leur serait
encore interdit d’avoir une vie syndicale normale.

« Ces travailleurs et travailleuses demeurent des citoyens et citoyennes
de second ordre, et je ne crois pas que ce soit ce que la Cour suprême
entendait en décembre dernier », déclare M. Georgetti. « Personne ne gagne à ce
que certaines personnes aient plus d’accès que les autres à l’égalité dans une
société, même si cela arrange bien le gouvernement de l’heure et ses amis. »

« Les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce se sont engagés à
soumettre le projet de loi à l’examen de la Cour suprême pour montrer à quel
point elle est insuffisante. Le Congrès du travail du Canada entend les y
aider. »

Le Congrès du travail du Canada, porte-parole national du mouvement
syndical, représente 2,5 millions de travailleurs et travailleuses. Le CTC
rassemble la majorité des syndicats nationaux et internationaux du Canada
ainsi que les fédérations provinciales et territoriales du travail et 137
conseils du travail.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Congrès du travail du Canada (CTC)

http://www.clc-ctc.ca/

Ministère de l’agriculture, de l’alimentation et des affaires rurales de l’Ontario

http://www.gov.on.ca/OMAFRA/french/

Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC)

http://www.tuac-canada.ca/fr/

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