Faire de l’argent avec du fumier

Une étude, réalisée récemment par le département d’économie de l’Université de l’État du Vermont, analyse la faisabilité économique de convertir du fumier en énergie renouvelable. Les conclusions de cette investigation sont positives, mais laissent entrevoir que l’intervention de l’État, l’implication des consommateurs et l’application d’un tarif préférentiel sont nécessaires pour rentabiliser cette opération.

À la suite de l’intérêt croissant du public et à l’investissement du gouvernement américain dans les énergies renouvelables, plusieurs fermes laitières ont installé un digesteur anaérobique (absence d’oxygène) pour générer de l’énergie. Selon le département américain de l’Environnement, il y avait 151 digesteurs anaérobiques en fonction sur les fermes laitières et autres fermes d’élevage aux États-Unis en avril 2010. La majorité de ces fermes (86 %) produiraient de l’électricité ou de l’énergie thermique à partir du méthane produit par la digestion du fumier.

L’électricité produite annuellement par les fermes étatsuniennes serait d’environ 340 millions de kilowattheures. Les fermes qui génèrent de l’énergie thermique produiraient l’équivalent de 52 millions de kilowattheures par année. Le total de cette énergie correspond approximativement à l’énergie produite par 30 milliards de litres d’essence ou à 1 % de l’énergie consommée par les États-Unis.

Des digesteurs au Vermont

La compagnie Central Vermont Public Service Corporation dessert 159 000 consommateurs dans 163 communautés du Vermont. Elle est le plus important fournisseur d’électricité de cet État.

Avec l’aide de son programme, Cow Power Program, cette compagnie a assisté plusieurs fermes laitières dans la planification et l’installation de digesteurs anaérobiques. Cette compagnie a également branché les installations de ferme à son réseau pour le transport et la commercialisation de l’électricité. Elle a même encouragé les consommateurs à participer à ce projet environnemental en acceptant de payer une prime de 0,04 $/kilowattheure pour 25 %, 50 % ou 100 % de leur facture d’électricité. Les dernières statistiques indiquaient que 4600 consommateurs participaient à ce programme en décembre 2009.

Au Vermont, la première ferme laitière munie d’un digesteur anaérobique a commencé sa production d’électricité en janvier 2005. Il y a actuellement 11 entreprises laitières équipées d’un digesteur au Vermont.

Les résultats de quatre d’entre elles sont présentés dans la figure ci-dessous. Le prix de l’électricité a été fixé en juillet 2010 par le Vermont Public Service Board à 0,141 $ du kilowattheure pour aider les fermes à rentabiliser leur digesteur. Ce prix est accompagné d’une prime additionnelle de 0,04 $ du kilowattheure provenant des consommateurs. Les quatre entreprises analysées possédaient en moyenne 1212 vaches et leur projet coûtait un peu plus de 2 M $, dont 35 % était payé par des subventions de provenance diverses. À un prix de 0,181 $ du kilowattheure, les fermes étaient en mesure de payer les charges d’exploitation du digesteur et sa dépréciation, et ce, tout en dégageant une marge d’opération positive.

Au Québec, le prix moyen de l’énergie électrique pour une résidence moyenne était de 0,0717 $ par kilowattheure en 2010.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires