Fin prochaine des truies gestantes en cages

cage gestationLe secteur porcin québécois se prépare à délaisser les truies en gestation. L’obstacle majeur est le manque de liquidités des fermes porcines.

Dans son plus récent rapport annuel, Olymel annonçait que, d’ici 10 ans, l’industrie porcine canadienne devra se conformer à la nouvelle exigence des marchés d’abolir les cages de gestation. « C’est une position qui a fait l’objet de discussions internes, explique en entrevue le porte-parole d’Olymel Richard Vigneault. Nous avons écouté nos clients internes et internationaux. Nous avons pris connaissance de l’interdiction des cages de gestation en Europe dès le 1er janvier 2013. À la fin de l’année 2012, nous en sommes venu à la conclusion que le changement des cages était inévitable. »

Olymel donne donc jusqu’en 2022 à ses fournisseurs de porcs pour modifier le logement des truies. Richard Vigneault spécifie qu’Olymel n’est qu’au début de la démarche. La première étape est d’attendre le rapport de révision du code de pratique pour les soins et la manipulation des porcs qui est prévu pour cet été.

Outre Olymel, Maple Leaf, l’autre important transformateur de porcs au Canada, a déjà spécifié en 2007 son désir de s’approvisionner, dès 2017, en porcs provenant d’élevages dont les truies étaient en liberté. Aux États-Unis, Smithfield Foods a pris la même décision. De plus en plus d’acheteurs de viande de porcs nord-américains ont démontré leur opposition aux cages de gestation, tels McDonald’s, Tim Hortons, Burger King et Target qui s’installe au Québec en septembre prochain. L’échéance est aussi en 2022.

Toute l’industrie s’y prépare

Olymel n’est pas la seule à se préparer à l’abolition des cages de gestation des truies au Québec. Toute l’industrie porcine québécoise s’y met aussi. Cette volonté se confronte toutefois à une problématique majeure : l’argent.

Les entreprises porcines québécoises sont en difficulté financière depuis la crise du circovirus en 2005. Une période de bas prix et une autre de hausse du prix des grains ont suivi. De telle sorte que, sauf exception, les producteurs de porcs n’ont pas investi dans de nouvelles porcheries depuis.

Selon un récent dossier présenté par le journal La Presse la semaine dernière sur le sujet du retrait des cages de gestation, le président de la Fédération, Daniel Boissonneault, disait qu’il faudrait une aide financière de 305 millions$ pour permettre aux producteurs de faire le saut dans l’amélioration du bien-être des truies.  Cette somme inclut les nouveaux systèmes, la hausse de la superficie et l’ajustement des quais de chargement.

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à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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