Fischler : la réforme de la Pac sert les intérêts des agriculteurs

France, 2 septembre 2002 – « En s’opposant systématiquement à la réforme de la politique agricole commune, les agriculteurs jouent contre leur camp », a affirmé Franz Fischler, lors de son passage à Vienne. Le commissaire européen à l’agriculture a mis en garde les exploitants contre le refus d’ un glissement d’une politique de soutiens aux marchés vers une politique d’aide au monde rural. « Une telle attitude se retournera contre les agriculteurs, qui risquent de perdre le soutien des contribuables », a commenté M.Fischler. Ce dernier comprend d’autant moins le raisonnement des exploitants que la proposition de Bruxelles de découpler les soutiens du niveau de production ne peut qu’« assurer une plus grande stabilité au revenu agricole ». L’objectif de la Commission européenne est de « garantir à long terme l’existence des aides directes ». En effet, les subventions agricoles liées à la production sont considérées par l’Organisation mondiale du Commerce comme source de distorsion commerciale et devront être réduites à moyen terme voire supprimées, a encore souligné M. Fischler.

Modulation ne signifie pas réduction

Pour aider au financement de cette réforme, la Commission européenne propose d’introduire la modulation obligatoire dans tous les Etats membres. Cette disposition se traduirait par une réduction des paiements directs chaque année de 3% pour atteindre une baisse totale de 20% au bout de sept ans. Un montant de 5000 euros par exploitation sera exempt de cette mesure. Le principe de la modulation facultatif aux termes des accords de Berlin a été adopté par quatre pays membres, dont la France, et abandonné par tous en raison de sa complexité. La modulation était vivement dénoncée par les producteurs de céréales, qui s’estimaient lésés. A tort, affirme le Commissaire européen. « L’argent ainsi économisé n’est pas perdu : un céréalier peut ainsi obtenir une aide supplémentaire s’il produit de la qualité et qu’il la fait certifier ». Un éleveur qui élève ses vaches en stabulation libre pourra, grâce à ce système, obtenir une prime au titre du bien-être animal.

La modulation des primes, qui est un des points sur lesquels les Etats membres sont en désaccord, sera à l’ordre du jour sitôt les élections allemandes passées.

Source : Les Échos

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