Gaffe de la ministre britannique de l’Agriculture

Londres (Angleterre), 22 octobre 2002 – La ministre travailliste de l’Agriculture Margaret Beckett, s’est attiré les foudres des éleveurs et de la presse britanniques en refusant la veille de goûter au steak britannique devant les caméras au Salon de l’alimentation à Paris.

« Les éleveurs de boeuf britanniques seront surpris d’apprendre que lors d’une séance de photos destinée à promouvoir le steak britannique, la ministre n’a pas goûté à ce produit », a noté mardi le Syndicat national des agriculteurs britanniques (NFU).

« Il est regrettable que cet incident ait pu voler la vedette au véritable événement qui était le retour du steak britannique en France et le fait qu’il est parmi les plus sûrs au monde », a ajouté le NFU.

Dans les médias britanniques mardi, l’incident a défrayé la chronique. « Beckett dit non au steak britannique », titrait en première page le Daily Telegraph (droite), qui consacrait également un éditorial à l’incident du steak au cours duquel la ministre l’a « humé, jugé excellent et découpé pour que d’autres le goûtent ».

« Les Français n’en revenaient pas et on les comprend, poursuivait l’éditorialiste du Telegraph: cela faisait six ans qu’on essayait de les convaincre du fait que notre steak ne nuit pas (à la santé) ».

« J’espère que les Français voudront manger notre steak; quant à moi je préfère m’en abstenir », titrait de son côté le tabloïde Daily Express (droite), tandis que le Daily Mail (droite) se demandait: « pourquoi a-t-elle refusé d’en manger? »

Le geste de Mme Beckett semblait d’autant plus surprenant que les visiteurs professionnels du Salon de l’alimentation pouvaient goûter le steak britannique pour la première fois depuis six ans.

Les 400 kg de viande bovine présents sur le stand « British Meat » (viande britannique) avaient fait l’objet d’une dérogation d’importation car l’arrêté officialisant la levée de l’embargo français sur le boeuf britannique (imposé en 1996) n’a pas encore été publié.

Le fait que l’arrêté n’est pas encore entré en vigueur a permis à un responsable du ministère britannique des Affaires rurales de faire valoir le contexte juridique pour expliquer la décision de la ministre. « Il y a eu une ambiguïté de dernière minute », a-t-il déclaré sous couvert d’anonymat.

Mais sans doute conscient que l’argument juridique ne suffirait pas à éviter les critiques, le responsable du ministère a ajouté que la ministre « n’avait pas voulu se donner en spectacle à la John Gummer ».

L’ancien ministre britannique à l’Agriculture conservateur John Gummer avait été très critiqué en 1990 pour avoir fait manger un hamburger britannique à sa fille, devant les caméras et en pleine crise de la vache folle.

Source : AFP

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