Gérer la banque de sclérotes

PHOTO : Marie-Eve Rheault, DuPont Pioneer

PHOTO : Marie-Eve Rheault, DuPont Pioneer

En 2014, la sclérotiniose a frappé particulièrement fort dans les champs de soya de certaines régions du Québec. Y a-t-il moyen de gérer la pression de cette maladie en réduisant la banque de sclérotes dans le sol?

Les ascospores de sclérotiniose se répandent par le vent. Dès qu’une plante hôte a été infectée et qu’il y a eu production de sclérotes, la maladie reviendra dans ce champ aussitôt que se présenteront les bonnes conditions météorologiques.

La sclérotiniose devient alors comme une mauvaise herbe : ses graines – les sclérotes – survivent dans le sol et n’attendent que le bon moment pour germer.

On peut atténuer la pression en gérant la banque de sclérotes. Tout d’abord, on évite de revenir en soya plus d’une année consécutive.

En l’absence de plantes hôtes, une partie des sclérotes « fructifieront dans le vide ». L’éclosion se produira, mais il n’y aura pas de culture à infecter. Chercheuse au CÉROM, Sylvie Rioux nous prévient cependant que certaines mauvaises herbes à feuilles larges peuvent servir de plantes hôtes. Un bon désherbage est donc recommandé.

Les sclérotes peuvent survivre dans le sol jusqu’à sept ans, voire plus longtemps. Plus elles sont proches de la surface, moins elles survivront longtemps.

Limiter le travail du sol

« Nous recommandons de ne pas trop travailler le sol, dit Sylvie Rioux. Quand les sclérotes sont enfouis à plus de 20 cm, elles se conservent très longtemps. Et quand on revient avec un labour, on en remet une partie en surface. »

La banque de sclérotes peut être réduite en épandant un biofongicide, comme Contans WG. Quelques producteurs québécois ont utilisé ce traitement et s’en sont dits satisfaits. Le produit doit être incorporé au sol et le traitement doit être répété sur plus d’une année.

Réduire la banque de sclérotes est certainement une bonne stratégie, mais les experts s’entendent pour dire que ce n’est pas nécessairement la quantité de sclérotes dans le sol, mais plutôt les conditions météorologiques qui détermineront l’ampleur de la maladie et de ses effets sur les plants de soya. La sclérotiniose prolifère par temps nuageux et humide.

L’utilisation de cultivars peu sensibles à cette maladie demeure le moyen de prévention le plus efficace.

Vous trouverez un article complet sur la sclérotiniose dans le numéro de mars du Bulletin des agriculteurs.

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