Graves pénuries d’eau sur la planète à l’horizon 2025

Vienne (Autriche), 22 mars 2002 – L’ONU lance un cri d’alarme à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau: plus de 2,7 milliards d’êtres humains seront confrontés à une grave pénurie d’eau douce d’ici une vingtaine d’années si la planète maintient son rythme de consommation actuel.

Dans un rapport publié vendredi à Vienne, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) des Nations unies, qui coordonne cette 10e Journée mondiale de l’eau, met en garde contre une « crise menaçante qui affectera près des deux tiers de la population de la Terre ».

En effet, d’ici 2025, environ cinq milliards de personnes dans le monde vivront dans des régions où il sera difficile, voire impossible, de répondre à tous les besoins en eau douce, prévient l’AIEA qui souhaite lancer une « révolution bleue » pour préserver les ressources et en développer de nouvelles.

« Les faits sont simples: il y a une quantité limitée d’eau sur la planète et nous ne pouvons pas nous permettre d’être négligents dans son utilisation », a déclaré le directeur de l’AIEA, Mohamed ElBaradei. « Nous ne pouvons pas continuer à traiter (l’eau) comme si elle ne viendrait jamais à manquer. »

En effet, moins de 3% seulement des ressources mondiales en eau sont constituées d’eau douce, et l’essentiel de ces 3% est piégé dans les glaces polaires ou enterrée dans le sous-sol sous la forme de sources trop profondes pour être atteintes. Les lacs, rivières et réservoirs d’eau douce peuvent sembler nombreux mais ils ne représentent qu’une faible part de ces ressources.

« Même dans les régions où les ressources sont suffisantes ou abondantes, elles sont exposées à un risque de plus en plus grand de pollution et à une demande croissante », a relevé le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, dans un communiqué. « La farouche concurrence nationale sur les ressources en eau fait craindre que la question de l’eau ne contienne les germes d’un conflit violent. »

On estime déjà, à l’heure actuelle, que 1,1 milliard de personnes n’ont pas accès à une eau réellement potable, que 2,5 milliards de personnes ne disposent pas de sanitaires convenables et que plus de cinq millions de personnes meurent chaque année de maladies liées à des problèmes d’eau, soit dix fois plus que le nombre de victimes tuées dans les conflits, selon le rapport.

Les régions les plus affectées dans le monde sont les déserts et les régions semi-arides d’Asie et d’Afrique sub-saharienne. Les ministres de 22 pays africains ont d’ailleurs appelé à une alliance régionale et mondiale, soutenue par un financement international, pour faire face aux problèmes de l’eau et de l’hygiène publique. Parmi les solutions envisagées par ces ministres figure le développement des installations de dessalement capables de transformer l’eau de mer en eau potable.

En France, le ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, Yves Cochet, a réaffirmé « la nécessité absolue de protéger les ressources en eau ». Selon lui, « l’accroissement démographique, l’industrialisation, l’urbanisation, l’intensification agricole entre autres sont sur le point d’entraîner une crise mondiale de l’eau et risquent de compromettre l’objectif international de ‘l’eau pour tous »’.

« Sans eau propre adéquate, il ne peut y avoir d’issue à la pauvreté », a souligné de son côté Klaus Toepfer, directeur du Programme de l’environnement de l’ONU. « L’eau est la base de la bonne santé et de la production d’aliments. L’humanité est toujours à sa merci. »

Source : AP

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