Greenpeace: surcoûts élevés des OGM à grande échelle

Bruxelles (Belgique), 16 mai 2002 – Des cultures transgéniques à grande échelle en Europe entraîneraient « des coûts de production supplémentaires élevés, parfois insurmontables » pour les agriculteurs, a affirmé Greenpeace, en se référant à une étude « confidentielle » de l’Union européenne (UE).

Selon Greenpeace, le document montre aussi que de telles cultures menaceraient « l’existence de l’agriculture biologique ».

L’étude estime que la situation « deviendrait particulièrement critique » pour la culture de colza biologique et pour la production intensive de maïs traditionnel, selon l’organisation environnementale.

S’agissant du colza, la coexistence de plantes transgéniques et non transgéniques dans une même région serait « économiquement difficile » en raison des surcoûts qu’elle impliquerait.

Elle imposerait aussi une modification des pratiques agricoles pour éviter des contaminations génétiques. Les agriculteurs, conventionnels ou biologiques, seraient obligés d’acheter des semences certifiées, en raison des risques d’impuretés transgéniques dans celles issues des champs exposés à une contamination.

Selon l’organisation de défense de l’environnement, se référant toujours à l’étude, la commercialisation de colza et de maïs transgénique augmenterait les coûts d’exploitation pour les producteurs biologiques et conventionnels de 10 à 41% pour le colza et de 1 à 9% pour le maïs.

Plus généralement, une non contamination des semences et cultures avec un seuil de détection de 0,1% serait « quasiment impossible dans la plupart des cas ».

« Si l’introduction de cultures transgéniques à une échelle commerciale en Europe (…) implique que l’on prenne des mesures onéreuses et compliquées pour éviter les contaminations, pourquoi devrions-nous accepter l’agriculture transgénique? », a commenté Lorenzo Consoli, conseiller à l’unité européenne de Greenpeace.

Selon lui, l’étude est restée confidentielle par crainte de ses « implications politiques ».

Interrogée, la Commission européenne a affirmé que ce document n’était « pas secret », et qu’il n’était seulement « pas encore finalisé » pour publication. Le commissaire à l’Agriculture Franz Fischler avait mentionné cette étude dans un discours à Bruxelles en février, a-t-on fait valoir.

Dans ce discours, M. Fischler estimait notamment que les OGM imposaient un changement dans les pratiques pour certaines cultures, et remarquait que la coexistence avec les OGM s’avérait « difficile d’un point de vue technique aussi bien qu’économique ».

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

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