Il y a moins d’agriculteurs au Québec et ils sont plus âgés

Ottawa (Ontario), 21 novembre 2002 – Qui s’occupe des fermes canadiennes? Les premières données du Recensement de l’agriculture de 2001, publiées le 15 mai 2002, ont montré que des fermes moins nombreuses, mais plus grandes, produisent plus de produits agricoles. Les données de la deuxième vague, diffusées, montrent que l’exploitation des fermes revient de plus en plus à des agriculteurs moins nombreux et plus âgés. Cependant, deux caractéristiques semblent retenir certains jeunes agriculteurs dans le secteur: les revenus agricoles bruts élevés et les immobilisations.

Les exploitants agricoles ont un âge médian qui est beaucoup plus élevé que celui du segment comparable de la population active de travailleurs autonomes. De plus, le groupe des agriculteurs de moins de 35 ans, qui doivent prendre leur place, diminue rapidement, ces derniers ne représentant plus que 12 % de tous les agriculteurs. Près de 20 % des travailleurs autonomes de l’ensemble de la population active ont moins de 35 ans. Dans toute la population active, 40 % de tous les travailleurs ont moins de 35 ans.

Le nombre d’agriculteurs de moins de 35 ans a baissé de plus du tiers depuis le Recensement de 1996. Le nombre total d’exploitants a diminué de 10 %, étant passé de 385 600 en 1996 à 346 200 en 2001. Depuis 1991, les agriculteurs peuvent déclarer jusqu’à trois exploitants par exploitation, ce qui explique pourquoi le nombre d’exploitants est supérieur au nombre de fermes (246 900) au Canada.

Les provinces ayant la plus importante proportion d’exploitants de moins de 35 ans étaient le Québec (13,7 %) et le Manitoba (13,4 %). Terre-Neuve-et-Labrador (6,4 %) et la Colombie-Britannique (7,9 %) affichaient la plus faible proportion.

Mis à part le repli du nombre d’exploitants agricoles de 1996 à 2001, particulièrement chez les jeunes, les données sur les autres caractéristiques des exploitants publiées aujourd’hui – comme le sexe des exploitants agricoles, le travail agricole et non agricole et la résidence sur la ferme ou hors ferme – indiquent des tendances similaires à celles observées en 1996. Des profils supplémentaires au sujet des provinces, des exploitantes agricoles, des blessures et du travail agricole et non agricole sont présentés dans le site Web de Statistique Canada (www.statcan.ca). À la page Recensement, choisissez Recensement de l’agriculture, puis Profils des exploitants agricoles canadiens. Des tableaux offrant des données provinciales plus détaillées sur les exploitants agricoles, y compris l’âge médian et le sexe, la répartition selon le type de ferme, les revenus agricoles bruts, le capital agricole, le travail agricole et non agricole et les blessures, sont aussi disponibles. À la page Le Canada en statistiques, choisissez Recensement de l’agriculture.

Une troisième diffusion de données aura lieu en novembre 2003. Ces données, qui proviennent de la base de données du couplage agriculture-population, complèteront le portrait de l’agriculture canadienne commencé en mai.

Attirer les jeunes agriculteurs: les revenus et la succession jouent un rôle important

Un nombre élevé et disproportionné de fermes dans la catégorie des revenus les plus élevés, soit les seules fermes dont le nombre augmente, sont exploitées par un jeune agriculteur.

Pour un jeune agriculteur, il peut aussi être important d’être le successeur d’un exploitant d’une génération plus âgée pour faire son entrée dans le secteur agricole. Les immobilisations élevées peuvent non seulement rendre l’agriculture possible, par héritage, pour de jeunes agriculteurs, mais encore les détourner des attraits d’un salaire plus élevé, d’heures régulières, de vacances payées et d’autres avantages liés à un emploi hors ferme.

Le nombre de jeunes exploitants diminue du tiers
La répartition de la population d’exploitants agricoles en trois catégories d’âge (moins de 35 ans, de 35 à 54 ans et 55 ans et plus) fait apparaître des tendances nettes. Si le nombre d’exploitants a diminué depuis le Recensement de 1996, c’est surtout dans le groupe des plus jeunes (les exploitants de 15 à 34 ans) que la baisse est la plus importante, faisant planer des nuages de plus en plus sombres sur l’avenir de l’agriculture. De 1996 à 2001, le nombre d’exploitants de moins de 35 ans a diminué de 35 %. Ce groupe a diminué de près de la moitié depuis 1991.

Une autre façon d’analyser la situation dans son ensemble consiste à considérer la participation de chaque groupe d’âge. À mesure que, d’un recensement à l’autre, la part du groupe le plus jeune diminue, celle des deux groupes plus âgés augmente: près de 54 % des exploitants étaient âgés de 35 à 54 ans, et 35 % avaient 55 ans et plus. Le groupe le plus jeune représente maintenant près du dixième de tous les agriculteurs, comparativement à un cinquième des exploitants agricoles en 1991. En chiffres absolus ou relatifs, les exploitants agricoles vieillissent.

Le contexte de la population active
Le groupe de la population active générale qui se compare le mieux aux exploitants agricoles est celui des travailleurs autonomes. Les profils d’âge de ce groupe sont différents de ceux des agriculteurs, particulièrement aux deux extrémités de l’échelle. Les jeunes travailleurs constituent près de 20 % de l’ensemble des travailleurs autonomes, comparativement à 12 % chez les agriculteurs. Pour le groupe le plus âgé, les proportions sont de 21 % chez les travailleurs autonomes et de près de 35 % chez les agriculteurs.

La variation des âges médians – le point en deçà duquel la moitié de la population désignée est plus jeune et au-delà duquel l’autre moitié est plus âgée – des deux groupes est aussi marquée. Pour la population d’exploitants agricoles, l’âge médian est de 49 ans, et pour le segment comparable de la population active, soit les travailleurs autonomes, il est de 44 ans. Pour la population active totale, il est de 38 ans.

Parmi tous les exploitants agricoles recensés le 15 mai 2001, 15 % avaient 65 ans et plus. Il faut en ajouter 68 000 (ou 20 %) qui auront célébré leur 65e anniversaire d’ici 2011. Par comparaison, seulement 9 % de la population active totale aura atteint 65 ans d’ici le Recensement de 2011. L’enjeu soulevé par ces chiffres est important: à qui et comment l’actif agricole sera-t-il transféré à la prochaine génération?

Les agriculteurs des fermes ayant des revenus élevés sont plus jeunes
En moyenne, les agriculteurs des catégories de revenus plus élevés sont plus jeunes. En fait, ils sont assez nombreux dans la catégorie de revenus de plus de 250 000 $ pour ramener l’âge médian à 46 ans, soit le plus bas de toutes les catégories de revenus.

Seuls 11 % des exploitants plus âgés se trouvent dans les catégories de revenus de plus de 250 000 $. Dans chacun des deux autres groupes d’âge, la proportion est d’environ 20 %. Près de 75 % des exploitants agricoles ont déclaré des revenus de moins de 100 000 $. Ces derniers, dont le revenu est inférieur à 100 000 $, représentaient 26 % de l’ensemble des exploitants. Dans chacun des deux autres groupes d’âge, environ 60 % des exploitants se trouvaient dans cette catégorie de revenus.

Un autre phénomène de la hausse des revenus se traduit par la diminution de la proportion des exploitants qui effectuent du travail non agricole. Lorsque les revenus dépassent 250 000 $, cette proportion tombe à moins de 19 %, comparativement à 45 % pour l’ensemble des exploitants. Du total des jeunes agriculteurs dont les revenus agricoles dépassent 250 000 $, seuls 23 % effectuent du travail non agricole. Dans les catégories de revenus de moins de 250 000 $, 64 % des jeunes exploitants ont un emploi hors ferme.

Les jeunes agriculteurs sont répartis également entre leur propre ferme, celles à exploitants de même génération et celles de différentes générations
Près de 36 % des jeunes agriculteurs exploitent leur propre ferme. Les deux autres tiers sont répartis entre des fermes à exploitants de même génération (39 %) et de différentes générations (25 %). (Pour que les exploitants soient considérés comme de générations différentes, l’écart d’âge entre eux doit être d’au moins 20 ans, mais il n’est pas nécessaire qu’ils soient unis par des liens de parenté.) Il n’en demeure pas moins que 92 % de toutes les fermes sont gérées par un ou plus d’un exploitant de plus de 35 ans.

Les jeunes agriculteurs n’affichent pas de préférence pour un genre de ferme en particulier, qui est déterminé par le produit agricole qui constitue au moins la moitié de ses revenus bruts. En fait, même si le classement diffère d’un groupe à l’autre, les trois genres de fermes les plus populaires chez tous les groupes d’âge sont les fermes d’élevage de bovins de boucherie, de production de petites céréales et de production laitière.

Ces jeunes agriculteurs ne semblent pas non plus être le facteur dominant à l’origine de la tendance d’utilisation de semis directs et de pratiques de travail de conservation des sols. Les fermes dont l’exploitant est jeune utilisent un peu plus les semis directs, mais accusent un certain retard quant à l’adoption du travail de conservation des sols. Dans les deux cas, les différences avec les fermes où leurs collègues plus âgés prédominent sont minimes.

La plupart des fermes à exploitants de différentes générations comportent un jeune exploitant
Les fermes à exploitants de différentes générations représentent 7 % de toutes les fermes et, de ce nombre, plus de 56 % comprennent un jeune agriculteur. Le tiers de toutes les fermes à exploitants de différentes générations génèrent des revenus bruts de 250 000 $ et plus. Environ le quart des exploitants qui se trouvent sur ces fermes à revenus élevés sont jeunes. Seulement 14 % de toutes les fermes ont des revenus bruts de plus de 250 000 $.

Les fermes à exploitants de différentes générations ont aussi le meilleur ratio dépenses-revenus, soit 83 cents de dépenses par dollar de revenu, quoique ce résultat ne semble pas lié à la présence d’un jeune exploitant.

L’agriculture nécessite un investissement élevé
Les frais de lancement des agriculteurs sont élevés comparativement à ceux d’autres travailleurs autonomes. Une entreprise telle qu’une concession de vente au détail peut nécessiter un investissement considérable. D’autres peuvent débuter avec seulement un téléphone et un ordinateur. Cependant, l’agriculture nécessite habituellement un investissement important en capitaux (en terres, en équipement, en quotas, en bâtiments ou en bétail) dont le chiffre moyen est de près de 800 000 $ et grimpe à 1,4 million de dollars pour une ferme porcine ou à 1,1 million de dollars pour une ferme laitière.

Les fermes à exploitants de différentes générations sont également plus susceptibles d’être dotées d’immobilisations d’une valeur élevée. Environ 44 % des fermes à exploitants de différentes générations comportent des immobilisations de plus de 1 million de dollars. Pour tous les autres genres de fermes, cette proportion n’est que de 20 %. Pour un jeune qui désire pratiquer l’agriculture, le chemin le plus réaliste vers une carrière agricole pourrait être l’héritage ou une autre forme de relation favorable sur le plan financier.

La diffusion ajoute une nouvelle dimension au portrait de l’agriculture canadienne en montrant qui s’occupe des fermes au Canada. La troisième vague de données du Recensement de l’agriculture de 2001, qui sera diffusée en novembre 2003, apportera la dernière touche en dévoilant qui s’occupera des fermes canadiennes dans un avenir rapproché.

































































Répartition des exploitants agricoles
  1991 1996 2001 1991 à 2001 1996 à 2001
Groupe d’âge Nombre % Nombre % Nombre % var. en % var. en %
Moins de 35 ans 77 910 19,9 61 055 15,8 39 915 11,5 -48,8 -34,6
De 35 à 54 ans 187 585 48,0 200 170 51,9 185 570 53,6 -1,1 -7,3
55 ans et plus 125 380 32,1 124 380 32,3 120 705 34,9 -3,7 -3,0
Total des exploitants 390 870 100,0 385 605 100,0 346 195 100,0 -11,4 -10,2

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada

http://www.statcan.ca/

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