Importations de céréales : le conflit portuaire au Canada préoccupe le Japon

Tokyo (Japon), 7 novembre 2002 – Les importateurs céréaliers au Japon craignent de fortes perturbations dans la chaîne d’approvisionnement en raison des piquets de grève que semblent prêts à installer les travailleurs du dernier port de la côte pacifique traitant le grain canadien.

Des responsables japonais ont indiqué jeudi qu’ils s’inquiétaient grandement d’un arrêt complet des importations si les travailleurs du terminal céréalier du port de Prince Rupert mettent leur menace à exécution la semaine prochaine.

Le Japon est le plus important importateur net de produits agricoles au monde et dépend du Canada pour combler environ 80% de ses besoins en graine de colza et 25% de son approvisionnement en blé.

Le syndicat des travailleurs portuaires a déjà promis de bloquer l’entrée du port de Prince Rupert mercredi à minuit (jeudi 08h00 GMT) afin de convaincre la direction des cinq terminaux céréaliers de Vancouver de retourner à la table des négociations.

Les travailleurs céréaliers de Vancouver sont en lock-out depuis le 25 août en raison d’un conflit entourant certaines questions comme les horaires et les listes de rappel pour les travailleurs mis à pied.

Aucune nouvelle ronde de discussions n’est à l’agenda.

L’Agence d’alimentation du Japon, qui détient le monopole de l’importation de blé, d’orge et de riz, affirme que toutes les livraisons de blé canadien vers le Japon passent par Prince Rupert depuis le lock-out aux terminaux de Vancouver.

« Nous craignons que toutes les livraisons de blé canadien vers le Japon ne s’arrêtent si les travailleurs syndiqués mettent leur plan de piquet de grève à exécution », a dit un responsable de l’agence.

Un autre responsable a dit que l’agence exhorterait la Commission canadienne du blé d’assurer la continuité des livraisons en cas de blocage au port de Prince Rupert, vu la grande importance du marché japonais.

Selon une source de l’industrie agricole, le gouvernement canadien pourrait potentiellement s’impliquer dans la résolution du conflit étant donné les risques élevés que représenteraient des piquets de grève à Prince Rupert pour les exportations canadiennes.

Cette même source ajoute cependant qu’aucune des deux parties ne souhaite une intervention gouvernementale et que les piquets de grève ne feraient pas long feu.

Source : Reuters

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