Indice des prix des marchandises pour mai 2002 : hausse des produits agricoles

Montréal (Québec), 10 juin 2002 – En mai, l’Indice des prix des marchandises
de la Banque de Montréal est resté inchangé par rapport à avril à 109,2
(1993=100), alors que les quatre principaux sous-indices sectoriels
n’ont pas réussi à se donner un élan important. Malgré le peu d’évolution des
prix en mai – qui a suivi un taux de croissance tout aussi anémique de 0,4 %
en avril – l’indice est quand même en hausse de 12,3 % depuis janvier.

« Le sur-place de deux mois de l’indice est prévisible à un point tournant
du cycle des prix des marchandises alors que les forces de la demande et de
l’offre réagissent à l’évolution de la conjoncture », a déclaré Earl Sweet,
économiste en chef adjoint de la Banque de Montréal. « Dans l’avenir, nous
prévoyons une certaine volatilité alors que la reprise économique mondiale
fera passer l’humeur de la tarification des marchandises du pessimisme à
l’optimisme. »

Le secteur le plus vigoureux de l’Indice des prix des marchandises est le groupe des produits agricoles, qui a connu des moments difficiles pendant longtemps et qui a enregistré en mai une progression de 1,3 % pour s’établir à 81,2 (1993=100). Les prix des principaux grains et oléagineux ont
augmenté alors que le mauvais temps au Canada et aux Etats-Unis a entraîné des
retards dans l’ensemencement. Le prix du blé a gagné 1,2 % pour atteindre

3,59 $US/boisseau, tandis que celui du canola n’a diminué que légèrement pour
se maintenir à environ 11 % de plus qu’un an plus tôt. Selon les économistes
de la Banque, il est peu probable que le sous-indice augmentera sensiblement
au cours de l’année compte tenu du fait que l’Union européenne continue
d’utiliser les subventions aux exportations agricoles comme outil de sa
politique.

En mai, le sous-indice du pétrole et du gaz a stagné après avoir connu
d’importantes augmentations les trois mois précédents. Tant pour le pétrole
que pour le gaz, les prix ont plafonné au milieu du mois et ont ensuite
commencé à connaître une tendance à la baisse.

« Il est devenu de plus en plus clair que les craintes récentes relatives
à l’offre étaient exagérées et que les stocks de carburant sont amplement

suffisants pour répondre aux besoins à court terme », a déclaré M. Sweet.

Le marché pétrolier continuera vraisemblablement d’être secoué par la
géopolitique internationale. Par contre, les éléments fondamentaux du gaz
naturel sont plus stables, et les économistes de la Banque prévoient un
fléchissement des prix à court terme suivi d’une conjoncture plus haussière
plus tard cette année et en 2003. Les prix du pétrole brut (West Texas
Intermediate) ont augmenté de 3,2 % dans le mois pour atteindre 26,98
$US/baril tandis que les prix du gaz naturel (Alberta Empress) ont diminué de
2,1 % pour s’établir à 2,84 $US/million de BTU. Le sous-indice du pétrole et
du gaz se situe maintenant à 153,3 (1993=100), soit 38 % de plus
qu’en janvier.

Le nouveau fléchissement des prix du bois d’oeuvre – après une reprise
temporaire en février et mars – a fait légèrement baisser le sous-indice des
produits forestiers en mai. Le fléchissement des prix est essentiellement
attribué au bond des exportations enregistré au cours du mois avant
l’imposition de droits compensateurs par les Etats-Unis, ce qui a
temporairement fait monter l’offre et les stocks aux Etats-Unis. Tandis que
les prix du bois d’oeuvre ont chuté, la stabilisation des prix du papier
journal après 10 mois de baisses consécutives et le fait que les marchés des
pâtes ont connu leurs premières augmentations de prix depuis sept mois
constituent des signaux favorables pour l’ensemble du sous-indice des produits
forestiers. Le sous-indice se situe maintenant à 91,8 (1993=100),
ce qui est 21,8 % de moins qu’il y a un an.

Le sous-indice des métaux et minéraux a aussi fléchi, glissant de 0,1 %
par rapport au mois précédent pour s’établir à 103,1 (1993=100).
Les économistes de la Banque font observer que le sous-indice aurait diminué
encore plus si le fléchissement des marchés boursiers et la menace d’une autre
guerre dans le sous-continent indien n’avaient pas entraîné une hausse des
prix des métaux précieux. Les prix de l’or et de l’argent ont connu des
hausses respectives de 3,9 et 2,8 %, tandis que l’aluminium et le nickel ont
diminué respectivement de 1,6 et 0,8 %. Néanmoins, le sous-indice augmentera
vraisemblablement vers la fin de l’année alors qu’une reprise plus large de
l’activité économique mondiale stimulera la demande globale.


Indice des prix des marchandises de la Banque de Montréal en mai 2002
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Niveau de mai 2002
1993 = 100 Variation en % par rapport à
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Un mois plus tôt Un an plus tôt
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Toutes les marchandises 109,2 0,0 -15,7
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Pétrole et gaz 153,3 0,7 -16,2
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Métaux et minéraux 103,1 -0,1 -4,1
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Produits forestiers 91,8 -0,8 -21,8
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Agriculture 81,2 1,3 -3,6
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Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Banque de Montréal

http://www.bmo.com/francais/index.html

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