La chrysomèle, terreur du maïs, détectée en France

Roissy (France), 15 septembre 2002 – La chrysomèle des racines du maïs, coléoptère nord-américain qui est la première cause d’utilisation d’insecticides sur cette céréale aux États-Unis, a été récemment détectée, pour la première fois en France, autour des aéroports parisiens de Roissy, du Bourget et d’Orly, provoquant l’inquiétude dans le monde agricole.

La chrysomèle, ou « Diabrotica virgifera virgifera Le Conte », a été signalée pour la première fois en Europe en 1992 près de l’aéroport de Belgrade, sans doute en liaison avec les transports aériens américains lors du conflit en Yougoslavie. Pouvant progresser jusqu’à 40 km par an en volant et détruire jusqu’à 80% des récoltes, l’insecte est revenu vers l’ouest et a été détecté en 1999 en Italie et en 2001 en Suisse.

« L’apparition de la chrysomèle est surveillée en France depuis 1999, avec 300 sites de surveillance. Elle a été découverte près des aéroports parisiens le 18 août, et identifiée quelques jours plus tard », indique Michel Plenel, directeur adjoint de la direction régionale et inter-départementale de l’agriculture et de la forêt (DRIAF).

L’insecte est devenu endémique dans l’est de l’Europe dans les années 90, en Serbie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Roumanie et Hongrie notamment.

Lors de son apparition en Italie, « un premier foyer a été éradiqué près de Venise en 1999, grâce à des mesures rapides de lutte intensive. Un second foyer, près de Milan, n’a pas été traité assez rapidement, et la chrysomèle est devenue endémique là-bas. Ce qu’on recherche à Paris, c’est l’éradication totale », explique Bernard Naïbo, responsable de la lutte contre les ravageurs à l’association générale des producteurs de maïs (AGPM).

La rapidité est donc le facteur majeur d’efficacité dans cette « guerre ». « Compte tenu des surfaces à traiter – 1500 ha autour de Roissy et du Bourget, et 1000 ha autour d’Orly, on fait ça par hélicoptère. Le traitement est mis en oeuvre depuis mardi matin autour de Roissy, et commencera d’ici quelques jours autour d’Orly », selon M. Penel, qui évoque un coût de 280 000 euros.

Le produit utilisé « est homologué, connu et maîtrisé. Il ne présente pas de danger pour l’homme, et le maïs peut être récolté et consommé quelques jours après traitement », ajoute le directeur adjoint de la DRIAF.

Reste que l’inquiétude est réelle dans le monde agricole. « La chrysomèle est le premier ravageur du maïs aux États-Unis. Et elle a été détectée en Italie à moins de 180 km de la frontière française. Mais arriver en France par là-bas ne sera pas évident pour elle, à cause de la barrière des Alpes », analyse Bernard Naïbo.

Source : AP

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