La France réaffirme sa position sur les quotas laitiers

Paris (France), 24 septembre 2002 – Jean-Pierre Raffarin a déclaré que la France demanderait le maintien des quotas laitiers européens au-delà de 2008, date à laquelle ce dispositif doit être renégocié.

« Bilan fait, nous demanderons le maintien des quotas laitiers au-delà de l’échéance de 2008 », a dit le Premier ministre, qui ouvrait à Paris le 26e Congrilait – rendez-vous international de la filière du lait.

« Ce qui est revendiqué par la filière laitière est légitime pour pouvoir disposer de sa propre politique, dans la mesure où elle n’empêche pas les autres pays de développer leur économie laitière », a-t-il ajouté.

Les quotas laitiers ont été instaurés dans l’Union européenne au début des années 1980 pour maîtriser la production, sa répartition géographique, les cours des produits laitiers et leur qualité.

« C’est aussi pour nous le moyen de veiller à ce qu’il n’y ait pas trop de restructurations sauvages de la production et de la transformation et de pouvoir faire en sorte que le marché ne fasse pas des pressions trop fortes sur la filière », a rappelé Jean-Pierre Raffarin.

Le Premier ministre parlait en connaisseur: son père, Jean, a créé et dirigé une des plus importantes laiteries du Poitou, près de Poitiers, et présidait Congrilait lors de la précédente tenue de cette conférence à Paris, en 1978.

« Pas peur du débat »

Les quotas laitiers européens sont contestés par les pays du groupe de Cairns – Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Chili, Argentine et Canada – les Etats-Unis et, dans une moindre mesure, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.

Jean-Pierre Raffarin a également réaffirmé que la France n’accepterait pas une réforme de la politique agricole commune avant l’échéance prévue de 2006.

« La France n’a pas peur du débat. Oui, nous voulons relever le défi de la qualité, de l’environnement, de la valorisation des produits des territoires (…) Nous n’avons pas de difficultés sur les objectifs. Mais il faut aussi donner aux agriculteurs les moyens de relever ces défis », a-t-il déclaré. « Ce n’est pas en organisant la destructuration de l’agriculture et des grandes organisations de marché que nous permettrons aux agriculteurs de répondre à ces défis de demain. »

« Les grands objectifs à assigner à notre agriculture, nous les partageons et nous les soutiendrons. Ce qui manque encore, ce sont les moyens pour y répondre », a-t-il ajouté. « Je crains que les propositions de la Commission européenne demeurent insuffisantes. »

« Nous avons besoin de temps et ce n’est pas dans la précipitation que nous pouvons recalibrer les instruments de la politique agricole », a souligné Jean-Pierre Raffarin. « Les échéances arrêtées à Berlin doivent être respectés (…) Il n’est pas question pour nous de faire de la PAC la variable d’ajustement de l’élargissement (de l’Union). »

Source : Reuters

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